Marine Le Pen “a sorti la tronçonneuse” contre l’Union européenne
Mercredi 14 octobre, le “Financial Times” publiait une interview de la candidate à l’Élysée qui a fait beaucoup réagir la presse internationale. Marine Le Pen y affirme encore une fois vouloir baisser la contribution nette de la France à l’UE et critique âprement Ursula von der Leyen.
Le 14 octobre 2026, le Financial Times, un journal économique britannique influent, a publié une interview de Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle française et figure du Rassemblement National (RN). Dans cet entretien, elle a réaffirmé sa volonté de réduire la contribution nette de la France à l'Union européenne (UE), c'est-à-dire la différence entre ce que la France verse au budget européen et ce qu'elle en reçoit. Elle a également critiqué avec virulence Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, l'accusant de représenter une Europe trop bureaucratique et éloignée des citoyens. Ces déclarations ont été tenues lors d'une conférence de presse organisée le lendemain à Bruxelles, siège des institutions européennes. Le Financial Times souligne le ton particulièrement agressif utilisé par Marine Le Pen, comparant ses propos à l'action d'une tronçonneuse, symbole de destruction radicale.
Marine Le Pen a confirmé que son parti souhaitait instaurer une règle d'or budgétaire en France, inspirée des modèles allemands ou suisses. Cette règle consiste à limiter strictement les dépenses publiques pour éviter les déficits excessifs, en gravant dans la Constitution une interdiction de dépasser un certain seuil de dette publique. Elle a proposé d'organiser un référendum pour faire adopter cette mesure, une démarche démocratique qui vise à contourner le Parlement. Le RN a également présenté un contre-budget le 8 octobre 2026, détaillant ses propositions pour réduire le déficit français. Ces idées ont surpris le Financial Times, qui s'attendait à des mesures plus populistes, comme des hausses de dépenses sociales ou des baisses d'impôts ciblées. Le journal note que ces propositions s'inscrivent dans une logique de rigueur budgétaire, proche des politiques néolibérales, plutôt que dans le cadre traditionnel des partis d'extrême droite.
La presse étrangère, notamment le Financial Times, a réagi avec scepticisme aux annonces de Marine Le Pen. Le quotidien britannique a souligné que les propositions du RN en matière économique semblaient contradictoires avec les positions historiques de l'extrême droite française, traditionnellement protectionniste et opposée aux règles budgétaires strictes. Le journal a également exprimé des doutes sur la faisabilité des mesures avancées, comme la réduction de la contribution française à l'UE, qui dépend des négociations complexes entre États membres. Enfin, le Financial Times a questionné la crédibilité du RN en matière de gestion économique, notant que ses propositions manquaient de détails concrets sur les économies envisagées pour atteindre l'équilibre budgétaire.
Marine Le Pen et Jordan Bardella, président du RN, ont présenté leur contre-budget le 8 octobre 2026, marquant une étape clé de leur campagne pour l'élection présidentielle de 2027. Ce document propose des mesures pour réduire le déficit français, comme la suppression de postes dans la fonction publique ou la baisse des dépenses sociales. Le RN se positionne ainsi comme un parti capable de gérer l'économie avec rigueur, tout en maintenant ses revendications souverainistes, comme la réduction de la contribution à l'UE. Cette stratégie vise à élargir son électorat au-delà de sa base traditionnelle, en séduisant des électeurs sensibles aux questions budgétaires. Cependant, les observateurs internationaux restent prudents, doutant de la capacité du RN à concilier ses promesses économiques avec ses objectifs politiques.
Dans son interview, Marine Le Pen a réitéré son opposition farouche à l'Union européenne, qu'elle accuse de limiter la souveraineté française. Elle a notamment ciblé Ursula von der Leyen, qu'elle qualifie de symbole d'une Europe technocratique et éloignée des réalités nationales. Le RN propose de réduire la contribution française au budget européen, actuellement estimée à plusieurs milliards d'euros par an, pour financer des politiques qu'il juge inefficaces ou contraires aux intérêts français. Cette position s'inscrit dans une logique de *Frexit* déguisé, c'est-à-dire une sortie progressive de la France des institutions européennes, sans quitter officiellement l'UE. Le RN mise sur un référendum pour légitimer cette démarche, une stratégie qui pourrait diviser l'opinion publique française.

