«Le recul environnemental de trop» : la ministre de l’écologie Monique Barbut annonce sa démission… puis change d’avis
La ministre de la transition écologique s’en allait trahie après l’adoption définitive de la décriée loi d’urgence agricole au Parlement. Elle a finalement accepté de rester au gouvernement à la demande d’Emmanuel Macron.
Le 22 juillet 2026, Monique Barbut, ministre française de la transition écologique depuis neuf mois, annonce sa démission sur LinkedIn. Elle justifie sa décision par l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole au Parlement, qui autorise exceptionnellement la réintroduction de deux pesticides interdits en France : l’acétamipride et le flupyradifurone. Ces substances, bien que bannies dans l’Hexagone, restent autorisées dans d’autres pays de l’Union européenne (UE). Barbut explique avoir reçu l’assurance que cette mesure bloquerait le texte, mais le gouvernement a finalement empêché tout débat sur leur suppression. Pour elle, cette décision représente le recul environnemental de trop, poussant à une rupture avec sa fonction. Elle précise : « La politique n’est pas mon monde, et si c’est cela dont il s’agit, elle ne le sera définitivement pas ».
Quelques heures après son annonce, Monique Barbut fait marche arrière. Emmanuel Macron refuse sa démission et lui demande de rester à son poste. Selon son cabinet, elle accepte en raison de l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique et des enjeux de santé environnementale qui frappent la France. Bien qu’elle maintienne son désaccord sur la version finale de la loi agricole, les garanties obtenues en échange de son maintien n’ont pas été rendues publiques. Cette volte-face survient après neuf mois marqués par de multiples désaccords entre la ministre et le gouvernement, au point que la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) lui décerne le Circaète d’or, une distinction ironique désignant une personne qui avale des couleuvres (subit des compromis ou des reculs).
Depuis son arrivée en octobre 2025, Monique Barbut a été confrontée à 43 reculs environnementaux recensés par le Réseau action climat en juin 2025. Parmi les mesures controversées, on trouve des lois favorisant l’agriculture intensive, comme la loi Duplomb ou la loi d’orientation agricole, qui encouragent l’usage de pesticides et de mégabassines. D’autres reculs incluent la réduction des aides à la rénovation énergétique (comme Ma Prime Rénov’), la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) initialement abandonnées avant d’être sauvées par le Conseil constitutionnel, et la reprise du chantier de l’autoroute A69. Le budget 2026 prévoit également une baisse des dépenses liées à la transition écologique. Malgré ces échecs, Barbut souligne quelques avancées, comme l’interdiction des PFAS dans les textiles, l’adoption d’une loi contre l’ultra-fast fashion, ou encore un plan d’électrification des transports.
Monique Barbut évoque des victoires limitées, comme le blocage de la *relance de l’exploitation d’hydrocarbures en outre-mer* ou l’abandon de la *réforme controversée de l’Ademe* (Agence de la transition écologique). Son faux départ pourrait-il lui donner plus de poids pour défendre ses positions ? Rien n’est certain. L’article souligne que la France subit de plein fouet les effets du *changement climatique*, avec des canicules répétées, mais que la mémoire collective tend à oublier ces crises une fois passées. *Vert*, le média à l’origine de l’article, s’engage à rappeler ces enjeux, notamment à l’approche des élections. L’objectif est de sensibiliser l’opinion publique pour éviter que des mesures régressives ne soient adoptées à nouveau. Le média appelle à un soutien financier pour poursuivre son travail d’information indépendante.

