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Géopolitique

En Russie, les deux tiers des écoles participent à la propagande de guerre

Le Grand Continent · mis à jour il y a 4 h

Les enfants de 9 à 14 ans sont la cible principale L’article En Russie, les deux tiers des écoles participent à la propagande de guerre est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Échelle de la propagande

En Russie, au moins 26 000 écoles sur les 40 000 que compte le pays participent activement à la propagande de guerre, selon un rapport publié le 14 octobre 2026 par le New Eurasian Strategies Centre (NEST) et le think tank indépendant Cedar. Cette participation se manifeste par l'organisation d'événements en soutien aux militaires, l'envoi de lettres aux soldats au front ou encore des collectes d'aide humanitaire. L'étude souligne que ce chiffre est probablement sous-estimé, car elle repose uniquement sur les publications des écoles sur le réseau social russe VKontakte (VK), excluant ainsi les établissements sans compte ou non inclus dans l'échantillon. Depuis 2022, cette propagande s'est institutionnalisée, passant de simples activités ponctuelles à des programmes structurés intégrés au système éducatif.

Cours patriotiques obligatoires

Depuis 2022, les écoles russes dispensent chaque semaine un cours intitulé « Conversations sur l'essentiel » (Разговоры о важном), qui consiste en des leçons à caractère patriotique. L'objectif est d'aligner les valeurs morales des élèves sur la stratégie de sécurité nationale de la Russie. À partir de la rentrée 2026, ce programme est adapté pour les maternelles sous le nom « Jeux bienveillants » (Добрые игры), destiné aux enfants de 3 à 7 ans. Les thèmes abordés incluent la « réunification » de la Crimée avec la Russie, présentée comme un retour historique, et la définition de l'héroïsme comme la « disposition à se sacrifier pour les autres ». Par exemple, un jeu pour les 3-4 ans les fait « traverser le pont de Crimée » en train, avant de répéter : « Comme c'est bien que nous soyons un seul pays ! ». Pour les enfants de 6 ans, on leur apprend que la Crimée est une partie historique de la Russie.

Formation militaire précoce

En 2023, une formation militaire a été ajoutée au programme scolaire russe, devenant obligatoire à partir de 14 ans en 2024. Depuis la rentrée 2026, cette formation est dispensée chaque semaine et consacre désormais 50 % de son temps à des activités militaires, contre 20 % auparavant. Les élèves apprennent notamment le montage et démontage d'une kalachnikov, l'utilisation d'un gilet pare-balles, ainsi qu'un module sur « la guerre informationnelle et psychologique ». En 2024, une mère a été condamnée à une amende de 30 000 roubles (environ 300 €) pour avoir refusé d'envoyer son fils en stage militaire, au motif de « discrédit de l'armée ». Cette mesure illustre la pression exercée par les autorités pour imposer cette formation.

Ce que ça pourrait changer

Les activités de propagande pro-guerre ne sont pas uniformément réparties dans le pays. Les écoles des villes de moins de 10 000 habitants sont les plus actives dans ce domaine, tandis que celles des grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg le sont moins. Par exemple, les pertes militaires rapportées à la population sont bien plus élevées dans certaines régions éloignées : plus de 580 morts pour 100 000 habitants en Transbaïkalie ou à Touva, contre seulement 33 à Moscou et 49 à Saint-Pétersbourg. Cette disparité suggère que la propagande est plus intense dans les zones où la guerre est moins visible ou moins coûteuse en vies humaines, peut-être pour compenser un sentiment de distance ou de désengagement local.

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