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Les femmes les plus âgées du monde habitent probablement dans le village de Bolotana en Sardaigne, voici pourquoi

Science & Vie · mis à jour il y a 7 h

En Sardaigne, vivre très vieux n'a rien d'une surprise. Mais un village de montagne vient d'y battre un record que personne n'attendait.

Bolotana, record sarde

En 2026, des épidémiologistes de l’université de l’Illinois à Chicago ont identifié le village de Bolotana, situé dans les montagnes de la province de Nuoro en Sardaigne, comme un lieu exceptionnel de longévité féminine. Ce bourg de 2 266 habitants se distingue par des statistiques de longévité qui dépassent largement les moyennes nationales et internationales. Par exemple, une femme de 70 ans à Bolotana a 13,83 % de chances d’atteindre 100 ans, soit près de quatre fois la moyenne italienne de 3,54 %. Ces chiffres placent Bolotana au même niveau que Hong Kong, seul autre endroit au monde où les femmes vivent aussi longtemps. Les chercheurs soulignent que ces données proviennent de registres officiels (actes de baptême et registres municipaux) pour éviter les erreurs d’âge, un problème récurrent dans d’autres études sur les centenaires.

Chiffres clés de longévité

Les performances de longévité à Bolotana sont impressionnantes. Une femme de 70 ans dans ce village peut espérer vivre encore 20,85 années, contre 18,06 ans pour une Italienne moyenne. Pour les hommes, les chiffres restent élevés mais moins marquants : 4,92 % des Bolotanais de 70 ans atteignent 100 ans, contre 1,41 % pour la moyenne italienne. Ces écarts sont encore plus frappants comparés à d’autres pays. Par exemple, une Bolotanaise de 70 ans a plus de trois fois plus de chances de fêter son centenaire qu’une Américaine du même âge. Cependant, les chercheurs précisent que ces résultats dépendent fortement de la période étudiée. Entre 2015 et 2019, la probabilité d’atteindre 100 ans chutait à 1,46 %, montrant une certaine fragilité statistique pour une population aussi réduite.

Zones bleues et Sardaigne

Bolotana pourrait devenir la deuxième zone bleue de Sardaigne, après celle située sur la côte est de l’île. Une zone bleue est une région où l’espérance de vie dépasse largement la moyenne mondiale, avec une concentration exceptionnelle de centenaires. Ces zones sont rares : seulement cinq sont officiellement reconnues dans le monde, dont la Sardaigne, Okinawa au Japon, et Nicoya au Costa Rica. Le village de Bolotana se distingue par sa forte longévité féminine, un phénomène moins documenté ailleurs. Les chercheurs soulignent que cette découverte pourrait enrichir les connaissances sur les facteurs de longévité, notamment ceux spécifiques aux femmes.

Méthodologie de l’étude

Pour valider leurs résultats, les épidémiologistes ont croisé plusieurs sources de données entre 2021 et 2025 : les registres municipaux, les actes de baptême et les données démographiques. Cette approche permet d’éviter les erreurs d’âge, un problème courant dans les études sur les centenaires, où les âges déclarés peuvent être imprécis. L’épidémiologiste S. Jay Olshansky, qui a dirigé l’étude, qualifie cet historique de « incroyable » et souligne son rôle clé dans la crédibilité des résultats. Cependant, il reste prudent : les données dépendent fortement de la période analysée, et une fenêtre plus large (2015-2019) montre une baisse significative des probabilités de longévité.

Ce que ça pourrait changer

L’étude ne permet pas d’identifier les causes exactes de la longévité exceptionnelle des femmes de Bolotana, car elle se limite à une analyse démographique. Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses classiques : un *patrimoine génétique particulier*, une *alimentation locale et autonome* (produite sur place), et un *relief escarpé* qui favorise la marche quotidienne plutôt que l’usage de la voiture. D’autres facteurs souvent associés aux zones bleues pourraient jouer un rôle, comme la *cohésion sociale* et l’*entraide familiale*, qui réduisent l’isolement. Pour aller plus loin, il faudra désormais étudier le sang, les gènes et les habitudes de vie des habitantes, une étape qui relève des biologistes plutôt que des démographes.

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