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Géopolitique

Faut-il interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? Un débat mondial

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Le Parlement français a adopté mardi 21 juillet la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le texte doit entrer en vigueur le 1er septembre pour les nouveaux comptes.

Tendance mondiale

Plusieurs pays envisagent ou ont déjà adopté des lois pour restreindre ou interdire l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. L’Australie a été le premier à agir fin 2025, suivie par l’Allemagne, le Royaume‑Uni, le Canada, le Brésil et la Chine. Ces mesures visent à protéger les jeunes des risques en ligne, comme le streaming (diffusion en direct de vidéos), les interactions avec des inconnus ou l’exposition à des contenus inappropriés. Par exemple, au Royaume‑Uni, une interdiction totale pour les moins de 16 ans est prévue pour 2027, tandis que l’Allemagne propose un système d’autorisation parentale pour les 13‑16 ans. Ces initiatives s’inscrivent dans un mouvement global, avec la Commission européenne qui prépare un projet d’interdiction à l’échelle de l’Union européenne après l’été 2025.

Approches par pays

Les solutions varient selon les pays. En Australie, l’interdiction n’a pas fonctionné, ce qui soulève des questions sur son efficacité. Au Royaume‑Uni, le gouvernement envisage aussi un couvre‑feu numérique (limitation des heures d’utilisation) et une restriction du scroll infini (défilement continu de contenus) pour les 17‑18 ans. Au Canada, un texte propose d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans et de créer un organisme pour établir des normes de sécurité. Les plateformes qui respecteraient ces normes pourraient rouvrir leurs services aux adolescents. Au Brésil, une loi impose aux mineurs de moins de 16 ans de relier leur compte à celui de leurs parents et oblige les plateformes à proposer des outils de contrôle parental. En Chine, depuis avril 2025, un mode mineur (fonctionnalité de filtrage) est obligatoire sur les appareils et applications pour limiter le temps d’écran et filtrer les contenus.

Outils de protection

Les pays qui encadrent l’accès des mineurs aux réseaux sociaux utilisent plusieurs outils. Certains, comme le Royaume‑Uni, prévoient de rendre impossible le streaming (diffusion en direct) ou les échanges avec des inconnus sur des plateformes comme Roblox. D’autres, comme le Brésil, imposent des outils de contrôle parental intégrés aux plateformes, permettant aux parents de surveiller et limiter l’activité de leurs enfants. La Chine a opté pour un mode mineur, une fonctionnalité qui filtre automatiquement les contenus et limite le temps d’écran. Ces mesures s’ajoutent à des restrictions d’âge, comme l’interdiction totale pour les moins de 16 ans au Canada ou au Royaume‑Uni. L’objectif est de réduire les risques liés à l’exposition en ligne, tout en laissant une marge de manœuvre aux adolescents plus âgés.

Ce que ça pourrait changer

Les institutions jouent un rôle central dans ces réformes. La Commission européenne doit présenter un projet d’interdiction pour les mineurs après l’été 2025, ce qui pourrait harmoniser les règles au sein de l’Union européenne. Au Canada, un organisme dédié serait créé pour élaborer des normes de sécurité que les plateformes devraient respecter pour rouvrir leurs services aux adolescents. En Allemagne, le projet de loi est porté par les autorités nationales, tandis qu’au Royaume‑Uni, le gouvernement discute d’un texte avec une entrée en vigueur prévue en 2027. Ces initiatives montrent une volonté politique de protéger les jeunes, mais aussi des défis pratiques, comme l’efficacité des interdictions ou la coopération avec les plateformes technologiques.

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