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Généraliste

L’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 j

Mladic avait été condamné à la prison à perpétuité pour génocide par la justice internationale..

Qui était Ratko Mladic

Ratko Mladic était un ancien général serbe de Bosnie, surnommé le « boucher des Balkans » par ses détracteurs. Il a dirigé l’armée de la Republika Srpska, une entité politique serbe de Bosnie, pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995. Cette guerre a opposé les Serbes de Bosnie aux Bosniaques (majoritairement musulmans) et aux Croates de Bosnie, dans le cadre de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Mladic a été arrêté en 2011 en Serbie après seize ans de fuite, puis jugé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), une cour internationale basée à La Haye aux Pays-Bas. Il est décédé à l’âge de 84 ans dans une prison néerlandaise, où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide.

Les crimes reconnus

En 2017, le TPIY a condamné Ratko Mladic à la prison à perpétuité pour son rôle dans le génocide de Srebrenica, survenu en juillet 1995. Ce massacre a entraîné la mort d’environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans, principalement des civils. Ce crime est considéré comme le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mladic a également été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour d’autres actes commis pendant la guerre de Bosnie, qui a fait près de 100 000 morts au total. Son procès a confirmé que ces actes visaient à chasser les non-Serbes de certaines régions de Bosnie. La condamnation a été confirmée en appel en 2021.

Contexte politique et tensions

La mort de Mladic survient dans un contexte de tensions persistantes en Bosnie, où certains Serbes de Bosnie et dirigeants politiques serbes continuent de le glorifier. En Serbie, où Mladic est parfois présenté comme un héros national, sa famille et le gouvernement serbe avaient demandé en vain son transfert dans un hôpital militaire de Belgrade pour y être soigné. Cette demande a été rejetée à plusieurs reprises par le Mécanisme résiduel pour les tribunaux pénaux de l’ONU à La Haye, une institution chargée de superviser les affaires laissées par le TPIY. Son fils, Darko Mladic, a dénoncé un « assassinat silencieux » de son père, affirmant que les soins médicaux lui avaient été retirés dans la prison où il était détenu.

Ce que ça pourrait changer

La mort de Ratko Mladic relance les débats sur la mémoire des conflits des années 1990 en ex-Yougoslavie. Le génocide de Srebrenica reste un sujet sensible, notamment en Bosnie où les divisions ethniques persistent. Certains Serbes de Bosnie rejettent encore la qualification de génocide pour les événements de 1995, malgré les condamnations internationales. En Serbie, Mladic est parfois perçu comme un symbole de la résistance serbe face à l’éclatement de la Yougoslavie. Son décès rappelle aussi les limites de la justice internationale, alors que des milliers de victimes attendent toujours reconnaissance et réparations pour les crimes commis pendant la guerre.

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