☕️ La Norvège pourrait durcir sa législation sur les lunettes connectées
Le gouvernement norvégien vient d’annoncer sa volonté d’encadrer plus strictement les lunettes connectées. Cette volonté arrive alors que la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta un peu partout.
Le gouvernement norvégien a annoncé son intention de renforcer la réglementation des lunettes connectées, notamment celles développées par l’entreprise Meta (anciennement Facebook). Cette décision fait suite à une prise de conscience des risques pour la vie privée et la protection des données des citoyens. La ministre norvégienne chargée du numérique, Karianne Tung, a évoqué la possibilité d’interdire certaines fonctionnalités, comme la reconnaissance faciale d’autrui dans l’espace public. Elle a souligné que ces technologies pourraient menacer les libertés individuelles et la démocratie. Cette annonce marque un changement de position par rapport à juillet 2026, où la ministre avait déclaré qu’il n’était pas possible d’interdire tout ce qui déplaît.
Plusieurs acteurs norvégiens ont réagi positivement à cette annonce. Finn Lutzow-Holm Myrstad, responsable de la politique numérique au Conseil norvégien des consommateurs, a salué l’initiative et a insisté sur le fait que Meta dispose déjà d’une technologie de reconnaissance faciale pouvant être intégrée à ces lunettes. Il a jugé essentiel d’empêcher son utilisation dans l’espace public. De son côté, Line Coll, directrice de la Datatilsynet (l’autorité norvégienne de protection des données), avait déjà plaidé en faveur d’une régulation plus stricte dès juillet 2026. Elle avait suggéré d’envisager une suspension de la vente des lunettes connectées si des fondements juridiques le permettaient, tout en appelant à un débat rapide et à une étude approfondie.
La proposition du gouvernement norvégien s’inscrit dans un contexte de critiques croissantes envers les lunettes connectées, perçues comme un outil de surveillance de masse. Ida Thorsrud, juriste, a par exemple affirmé dans une chronique publiée sur le média public NRK que ces technologies pourraient mener à une société de surveillance menaçant la démocratie. Ces craintes s’ajoutent à celles exprimées dans d’autres pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, où la grogne contre les lunettes Meta s’amplifie. La Norvège, en tant que membre de l’Espace économique européen, cherche ainsi à anticiper les risques liés à ces innovations technologiques avant qu’elles ne se généralisent.
Parmi les fonctionnalités les plus controversées des lunettes connectées, la reconnaissance faciale dans l’espace public est particulièrement ciblée. Cette technologie permet d’identifier des personnes en temps réel à partir de leur visage, ce qui soulève des questions majeures sur le respect de la vie privée. Les lunettes développées par *Meta*, par exemple, pourraient intégrer un système de reconnaissance faciale capable de scanner les visages des passants sans leur consentement. Une telle pratique est jugée intrusive par de nombreux experts et citoyens, car elle transforme chaque individu en un « profil numérique » potentiellement exploitable à des fins commerciales ou de contrôle social.

