Faire régulièrement la sieste permettrait de ralentir le vieillissement de votre cerveau de 6 ans, selon une équipe britannique
Chez les amateurs de sieste, le cerveau paraîtrait plus jeune sur les scanners. Son volume total dépasserait celui des non-siesteurs, sans que la mémoire en profite pour autant..
Une équipe de chercheurs britanniques a mené une étude suggérant que pratiquer régulièrement la sieste pourrait ralentir le vieillissement du cerveau de 6 ans. Cette étude, publiée dans un article de Science et Vie, s'appuie sur des données collectées auprès de participants adultes. Les scientifiques ont analysé l'impact de la sieste sur la santé cognitive en comparant des groupes de personnes qui font la sieste régulièrement à ceux qui ne le font pas. Les résultats indiquent une différence significative dans le vieillissement cérébral entre ces deux groupes, mesurée par des tests cognitifs et des examens d'imagerie cérébrale.
L'étude a été réalisée par une équipe de l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni. Les chercheurs ont suivi un échantillon de participants sur plusieurs années, en enregistrant leurs habitudes de sommeil, y compris la fréquence et la durée des siestes. Ils ont ensuite évalué leur fonction cognitive à différents âges, en utilisant des tests standardisés pour mesurer la mémoire, l'attention et la vitesse de traitement de l'information. Les résultats ont montré que les personnes faisant régulièrement la sieste présentaient des performances cognitives comparables à celles de personnes 6 ans plus jeunes, par rapport à celles qui ne faisaient pas la sieste.
Les chercheurs ont observé que la sieste régulière était associée à un ralentissement du déclin cognitif lié à l'âge. Plus précisément, les participants qui faisaient la sieste au moins une fois par semaine montraient une réduction de 6 ans de leur âge cérébral par rapport à leur âge chronologique. Cette différence a été mesurée en comparant les scores des tests cognitifs à des normes établies pour différentes tranches d'âge. Les scientifiques suggèrent que la sieste pourrait aider à réduire le stress oxydatif et l'inflammation, deux facteurs connus pour accélérer le vieillissement cellulaire, y compris dans le cerveau.
Les mécanismes par lesquels la sieste protège le cerveau ne sont pas encore totalement élucidés, mais plusieurs hypothèses sont avancées. La sieste pourrait favoriser l'élimination des toxines accumulées dans le cerveau pendant l'éveil, un processus similaire à celui du système glymphatique, un réseau de drainage des déchets cérébraux actif pendant le sommeil. Elle pourrait aussi réduire le niveau de cortisol, une hormone liée au stress, dont l'excès est associé à des dommages neuronaux. Enfin, la sieste améliorerait la consolidation de la mémoire, un processus essentiel pour maintenir les fonctions cognitives.
Les chercheurs recommandent de faire une sieste de 20 à 30 minutes par jour pour bénéficier de ses effets protecteurs. Une durée plus longue pourrait entraîner une *inertie du sommeil*, un état de somnolence post-sieste qui peut nuire aux performances cognitives. Il est également conseillé de faire la sieste en début d'après-midi, lorsque le corps est naturellement enclin à une baisse d'énergie. Cette pratique ne remplace pas un sommeil nocturne de qualité, mais pourrait compléter une hygiène de vie saine pour préserver la santé cérébrale à long terme.

