Fonderie Horne : PSPP n’entend plus forcer Glencore à respecter la norme d’arsenic
Il n'a pas complètement fermé la porte à un financement à Glencore, même si ce « n'est pas sur la table »..
En 2022, Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), avait promis d’obliger la Fonderie Horne, propriété de la multinationale Glencore, à respecter la norme québécoise d’émission d’arsenic dans l’air, fixée à 3 ng/m3 (nanogrammes par mètre cube). Cette norme correspond à une limite très stricte pour protéger la santé publique. Cependant, lors d’une visite en Abitibi-Témiscamingue le 3 septembre 2026, il a adopté une position plus souple. Il a annoncé ne pas vouloir remettre en cause l’entente signée en juin 2026 entre Glencore et le gouvernement précédent du Québec, dirigé par François Legault. Cette entente accorde à Glencore un délai supplémentaire pour réduire ses émissions d’arsenic à 15 ng/m3 d’ici 2030, un seuil cinq fois supérieur à la norme provinciale, mais considéré comme une amélioration par rapport à la situation actuelle.
Paul St-Pierre Plamondon a justifié cette décision en invoquant deux arguments principaux. D’abord, il a souligné l’importance de ne pas créer d’instabilité en modifiant des accords déjà conclus, notamment pour éviter de perturber l’économie locale. Ensuite, il a reconnu que Glencore doit faire des efforts pour améliorer la qualité de l’air, mais a précisé que la fermeture de l’usine n’était pas une option envisagée, car elle emploie des centaines de personnes en Abitibi-Témiscamingue. Il a ajouté que la norme de 3 ng/m3 restait un objectif à long terme, mais que son application immédiate dépendait des capacités technologiques de l’usine. Selon lui, le suivi des objectifs fixés en 2026 permettrait déjà une amélioration significative de la qualité de l’air et de la vie des habitants, comparé à la situation il y a dix ans.
Lors de la campagne électorale de 2026, Paul St-Pierre Plamondon s’était engagé à ne pas verser de fonds publics à Glencore pour l’aider à réduire ses émissions d’arsenic. Interrogé sur cette promesse le 3 septembre 2026, il a refusé de se prononcer clairement, déclarant que cette question n’était pas à l’ordre du jour de ses annonces ce jour-là. Il a ajouté que, a priori, le financement public n’était pas une solution envisagée, mais a laissé entendre que la porte n’était pas totalement fermée. Il a précisé qu’il écouterait toutes les demandes avant de prendre une décision, sans pour autant faire d’annonce spécifique ce jour-là.
Lors de sa visite en Abitibi-Témiscamingue, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé que les régions minières du Québec recevraient une part plus importante des redevances minières versées par les entreprises au gouvernement. Ces redevances sont des taxes prélevées sur les profits des entreprises minières pour compenser l’exploitation des ressources naturelles. Désormais, les régions auront droit à 10 % de ces revenus, contre un pourcentage inférieur auparavant. Ce changement représente un surplus de 48 millions de dollars par an pour l’ensemble des régions minières. Pour l’Abitibi-Témiscamingue, cela se traduit par un gain annuel de 27 millions de dollars, bien que les élus locaux aient demandé davantage. Le chef du PQ a affirmé que cette somme aurait un impact significatif sur le développement régional.
Paul St-Pierre Plamondon a également promis de rétablir la représentation politique de l’Abitibi-Témiscamingue au sein du conseil des ministres du Québec. En septembre 2025, le député d’Abitibi-Est, Pierre Dufour, avait été exclu du caucus de la Coalition Avenir Québec (CAQ) après avoir réclamé la nomination d’un ministre responsable spécifiquement de l’Abitibi-Témiscamingue, issu de la région. Le premier ministre François Legault avait finalement pris lui-même cette responsabilité. Le chef du PQ a déclaré qu’à l’avenir, un ministre de l’Abitibi-Témiscamingue serait toujours présent autour de la table du conseil des ministres, garantissant ainsi une voix directe pour la région dans les décisions gouvernementales.

