L’intelligence artificielle s’invite au Salon du livre de la Péninsule acadienne
Les lecteurs sont pour le moment indifférents, alors que les éditeurs sont sur leurs gardes..
L’intelligence artificielle (IA) est un domaine de l’informatique qui permet à des machines d’imiter des comportements humains, comme écrire un texte ou créer une œuvre. Récemment, son utilisation dans la littérature a suscité des débats, notamment après des allégations selon lesquelles l’auteur Thélyson Orélien aurait utilisé l’IA pour rédiger son roman C’était ça ou mourir, publié en 2026. Cette affaire a mis en lumière les questions éthiques et créatives liées à l’IA dans l’écriture. Le 23e Salon du livre de la Péninsule acadienne, qui s’est tenu à Shippagan en octobre 2026, a consacré une partie de ses discussions à ce sujet. L’IA soulève des interrogations sur l’authenticité des œuvres et le rôle de l’humain dans la création artistique.
Les visiteurs du Salon du livre de la Péninsule acadienne, comme Joëlla Thibodeau et Lucie Marceau, semblent peu préoccupés par l’influence de l’IA dans la littérature. Joëlla Thibodeau, venue acheter des livres pour son enfant, estime que l’IA ne peut pas remplacer la qualité des livres en papier et la créativité humaine. Lucie Marceau partage cet avis, affirmant que les auteurs disposent déjà de suffisamment d’idées sans avoir besoin de recourir à l’IA. Ces réactions montrent que, pour l’instant, les lecteurs acadien·ne·s ne perçoivent pas l’IA comme une menace pour la littérature, préférant s’en tenir aux œuvres traditionnelles. Leur indifférence reflète une confiance dans la valeur des livres physiques et de l’écriture humaine.
Contrairement aux lecteurs, les éditeurs acadien·ne·s prennent très au sérieux la question de l’IA. Jacques Ouellet, propriétaire des Éditions La Grande Marée, explique qu’il est nécessaire de se protéger en modifiant les contrats d’édition pour inclure une clause garantissant que les manuscrits soumis ne sont pas générés par une IA. Cette mesure vise à préserver l’intégrité des œuvres publiées. Chez Bouton d’Or Acadie, une maison d’édition spécialisée en littérature jeunesse, on affirme ne pas utiliser l’IA dans ses publications. Marie Cadieux, directrice littéraire, souligne que l’IA est une intelligence artificielle et non humaine, ce qui pose des questions sur la qualité et l’authenticité des textes. Ces éditeurs reconnaissent que les débats récents ont mis en lumière des enjeux importants pour l’avenir de l’édition.
La direction du 23e Salon du livre de la Péninsule acadienne, présidée par Lisette Cormier-Noël, reconnaît que l’IA est une réalité incontournable qui influencera tous les domaines, y compris la lecture. Bien que le salon de 2026 n’ait pas encore abordé officiellement ce sujet, il est prévu d’intégrer cette question dans les réflexions pour l’édition 2027. Lisette Cormier-Noël explique que l’objectif est d’analyser comment l’IA pourrait affecter les lecteurs et les auteurs, afin d’adapter les événements futurs. Cette démarche montre une volonté de rester à l’écoute des évolutions technologiques tout en préservant l’essence de la littérature.

