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Numérique

Eau, électricité : la consommation de 770 datacenters en Europe

Next.ink · mis à jour 24 sept.

La Commission européenne propose un bilan des indicateurs environnementaux des datacenters en Europe… Du moins des 36 % qui ont répondu au questionnaire, pourtant obligatoire. On y trouve de fortes disparités suivant les pays, notamment en Belgique… où Google pourrait peser très lourd.

Nouvelle réglementation UE

Depuis 2026, l’Union européenne impose aux datacenters d’une puissance informatique installée d’au moins 500 kW de déclarer quatre indicateurs clés à la Commission européenne : leur consommation d’eau, d’électricité, leur part d’énergies renouvelables et l’utilisation de la chaleur fatale. Cette dernière désigne la chaleur produite par les serveurs, souvent gaspillée, mais qui pourrait chauffer des logements ou des bâtiments. L’objectif est d’évaluer l’efficacité énergétique et la durabilité de ces infrastructures. Cependant, sur les 2 161 datacenters concernés, seuls 770 (soit 36 %) ont fourni ces données, et parmi elles, seulement 70,1 % sont jugées fiables par la Commission.

Barème européen A à G

La Commission européenne a adopté un système de notation allant de A à G pour évaluer l’efficacité des datacenters en matière d’usage de l’eau et d’électricité. Ce barème vise à standardiser les performances et à encourager les améliorations. Le Parlement européen et le Conseil ont désormais deux mois pour s’y opposer, mais sans possibilité de le modifier. Les résultats sont publiés de manière agrégée, par pays ou pour l’ensemble de l’UE, sans détailler les performances individuelles des datacenters. Cette approche permet aux infrastructures les moins performantes de ne pas être identifiées publiquement.

Belgique : record de gaspillage

La Belgique se distingue par une consommation d’eau particulièrement élevée dans ses datacenters. L’indicateur WUE (Water Usage Effectiveness), qui mesure le volume d’eau utilisé par MWh d’électricité consommé, atteint 1,28 m³/MWh en Belgique, contre une moyenne européenne de 0,58 m³/MWh. Cet écart suggère un gaspillage important, mais sans données détaillées par datacenter, il est impossible de désigner un responsable précis. La Commission européenne évoque la possibilité que quelques grands opérateurs, comme Google, soient à l’origine de ces chiffres élevés. En effet, dans certains pays, les performances globales sont tirées vers le bas par une seule installation majeure.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport publié par la Commission européenne, disponible en ligne, présente les données de manière globale, sans identifier les datacenters individuels. Cette approche permet aux infrastructures les moins efficaces de rester anonymes, limitant ainsi la pression pour des améliorations ciblées. Par exemple, en Belgique, la consommation d’eau record pourrait être attribuée à un seul acteur majeur, mais cette information n’est pas confirmée officiellement. La publication agrégée des données réduit la transparence et rend difficile l’identification des mauvais élèves, malgré l’adoption d’un barème de notation.

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