Eau, électricité : la consommation de 770 datacenters en Europe
L’Union européenne tente de mesurer l’impact environnemental des datacenters via un système de notation énergétique, mais l’opacité des données et le faible taux de réponse des acteurs du secteur révèlent les limites d’une régulation encore balbutiante. Entre manque de transparence et absence de sanctions ciblées, la durabilité réelle de ces infrastructures numériques reste largement incertaine, malgré des indicateurs théoriquement ambitieux.
Quels critères l’UE utilise-t-elle pour évaluer les datacenters et dans quelle mesure sont-ils appliqués ?
L’UE impose aux datacenters de plus de 500 kW de déclarer leur consommation d’eau, d’électricité, leur part d’énergies renouvelables et leur réutilisation de la chaleur fatale. Cependant, seulement 36 % des 2 161 datacenters concernés ont répondu en 2026, et 70,1 % des données fournies sont jugées non fiables, remettant en cause la pertinence du dispositif.
Pourquoi la Belgique se distingue-t-elle négativement dans l’usage de l’eau par les datacenters ?
La Belgique affiche un Water Usage Effectiveness (WUE) de 1,28 m³ d’eau par MWh, soit plus du double de la moyenne européenne (0,58 m³/MWh). Cette surconsommation pourrait être imputable à quelques grands opérateurs locaux, comme Google, mais l’absence de données granulaires par datacenter empêche d’identifier les responsables exacts.
Quel système de notation l’UE a-t-elle adopté pour classer les datacenters et quels sont ses pouvoirs réels ?
La Commission européenne a mis en place un barème de notation de A à G pour évaluer l’efficacité énergétique des datacenters, mais le Parlement et le Conseil disposent seulement d’un droit d’opposition sans possibilité de modification. Les résultats sont publiés de manière agrégée, empêchant toute critique ciblée des infrastructures les moins vertueuses.
Ce que ça pourrait changer
Ce système de notation, s’il n’est pas accompagné de mécanismes contraignants ou de sanctions, risque de rester un outil de communication sans impact réel sur la réduction de l’empreinte environnementale des datacenters. La transparence limitée et le faible taux de participation des acteurs du secteur soulignent l’urgence d’une régulation plus stricte, sous peine de voir les engagements en faveur de la durabilité numérique rester lettre morte.

