NapseflowNapseflow
Numérique

Bureautique, collaboration : la Cour des comptes fait ses calculs et étrille la DINUM

Next.ink · mis à jour il y a 14 j

La Cour des comptes vient de publier un rapport sur l’usage des outils bureautiques et collaboratifs au sein de l’État. Les constats y sont nombreux et pour la plupart négatifs.

Contexte et objectifs

La Cour des comptes a publié le 20 octobre trois documents analysant l'usage des outils bureautiques et collaboratifs au sein de l'État français. Ces rapports font suite à une enquête demandée par des citoyens. L'objectif était d'évaluer comment ces outils sont utilisés et s'il existe des marges d'amélioration. L'étude porte sur 860 000 postes informatiques répartis dans les administrations centrales et déconcentrées de quatre ministères principaux : Intérieur (34 %), Armées (23 %), Économie et finances (18 %) et Justice (11 %). L'enquête exclut les opérateurs publics, la Sécurité sociale, les hôpitaux et les collectivités locales.

Hétérogénéité des parcs

Le rapport révèle une grande disparité dans les parcs informatiques des ministères. Jusqu'à récemment, chaque ministère choisissait librement ses outils, ce qui permettait une adaptation aux besoins spécifiques, mais créait des inégalités. Malgré cette diversité, la suite Office de Microsoft domine largement, sauf pour la gendarmerie nationale (DGGN) et les finances publiques (DGFiP), qui utilisent majoritairement des solutions libres comme Gendbuntu pour le système d'exploitation. Le taux de satisfaction des utilisateurs reste similaire dans toutes les configurations. Cependant, l'État a renforcé ses directives pour rationaliser ces pratiques, comme l'interdiction de Microsoft 365 en 2021 ou l'encadrement des outils de visioconférence en 2023.

Critiques envers la DINUM

La Direction interministérielle du numérique (DINUM) est fortement critiquée pour son manque de rigueur dans le suivi des outils développés, notamment La Suite, une collection d'outils collaboratifs basés sur des logiciels libres. La Cour des comptes souligne que la DINUM n'a pas fourni de tableau de bord précis pour évaluer les prestations réalisées, se contentant d'un suivi comptable parfois approximatif. De plus, elle est accusée de développer elle-même des logiciels au lieu de s'appuyer davantage sur l'écosystème des entreprises françaises du libre. Malgré ces critiques, les résultats de La Suite sont jugés probants, avec 368 000 utilisateurs actifs pour Tchap et 930 000 connexions mensuelles pour ProConnect fin 2025. Cependant, ces outils ne remplacent pas une suite bureautique complète, car ils manquent de tableurs, d'outils de présentation ou d'agendas.

Coûts et dépenses

En 2025, les dépenses liées aux outils bureautiques et collaboratifs dans les ministères ont atteint environ 100 millions d'euros, soit une hausse de 50 % depuis 2021, contre une augmentation de 16 % pour les dépenses de fonctionnement de l'État. Ce montant représente moins de 2 % du budget numérique total, estimé à 5,5 milliards d'euros. Le coût moyen par poste est de 87 euros par an, mais varie fortement selon les ministères : 20 euros à l'Intérieur et 378 euros à la Culture. Ces écarts s'expliquent notamment par l'utilisation de Microsoft 365, malgré son interdiction, grâce à des dérogations comme celle accordée au ministère de la Culture. La Cour des comptes note que ce montant de 100 millions a été reconstitué, car plusieurs ministères n'ont pas de suivi précis de leurs dépenses. Par ailleurs, 61 millions d'euros ont été consacrés aux licences logicielles, dont 80 % pour Microsoft, auxquels s'ajoutent 26 millions pour les prestations et 13 millions pour la maintenance.

Économies avec le logiciel libre

La Cour des comptes insiste sur la nécessité de développer l'usage des logiciels libres, qui garantissent une plus grande indépendance des administrations et sont économiquement plus avantageux. Selon ses calculs, une utilisation plus systématique de logiciels libres en mode on-premises (installés localement) permettrait d'économiser entre 30 et 65 millions d'euros par an dans l'ensemble des ministères. Actuellement, la majorité des ministères souhaitent continuer à utiliser Office, voire migrer vers Bleu (une infrastructure souveraine) lorsque Microsoft sera compatible avec la certification SecNumCloud. Cependant, la Cour recommande de privilégier une solution bureautique libre en mode cloud (interne à l'État ou qualifiée SecNumCloud) pour devenir la norme dans les administrations.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport de la Cour des comptes formule quatre recommandations pour 2027 : associer davantage les ministères à la conception et à la gouvernance de *La Suite*, intégrer ces outils dans la gouvernance de la DINUM, faire évoluer le modèle de développement pour s'appuyer sur des entreprises expertes en logiciels libres, et engager une migration vers des outils en mode *cloud* sur trois à quatre ans. Ces propositions ont été bien accueillies par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a annoncé la création de l'*ARIANE* (Autorité référente pour l'intelligence artificielle et le numérique de l'État) au 1er janvier 2027. Cette nouvelle autorité aura pour mission de renforcer la cohérence des choix technologiques de l'État et d'accélérer la mise en œuvre de ces recommandations.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.