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Incertitude autour de l'AMOC, ce courant atlantique qui équilibre le climat

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 20 j

Depuis 2021, le groupement international d'experts sur le climat prévient : l'AMOC, le courant majeur qui régule le climat dans l'Atlantique, va probablement ralentir du fait du changement climatique. Mais quand ? C'est une des études menées par l'Institut de recherche pour l'exploitation de la mer..

Qu'est-ce que l'AMOC

L'AMOC, ou circulation méridienne atlantique (Atlantic Meridional Overturning Circulation en anglais), est un courant océanique majeur qui traverse l'océan Atlantique du nord au sud et inversement. Découvert au XVIIIe siècle, il fonctionne comme un tapis roulant géant transportant la chaleur des régions tropicales vers les pôles. En surface, les eaux chaudes des tropiques remontent vers le nord, où elles se refroidissent, deviennent plus denses et plongent vers les profondeurs avant de repartir vers le sud. Ce mécanisme joue un rôle clé dans la régulation du climat mondial : il réchauffe l'Europe du Nord tout en refroidissant les tropiques. Sans ce courant, les températures en Europe pourraient chuter de plusieurs degrés, et les conditions météorologiques dans le monde entier seraient profondément perturbées.

Rôle climatique essentiel

L'AMOC agit comme un régulateur climatique global. En transportant la chaleur des tropiques vers les pôles, il contribue à maintenir des températures modérées en Europe, notamment en France et au Royaume-Uni, où les hivers seraient autrement bien plus rigoureux. Par exemple, sans l'AMOC, des villes comme Paris pourraient connaître des températures hivernales comparables à celles de Montréal, au Canada, située à la même latitude. Ce courant influence également les régimes de précipitations et les phénomènes météorologiques à l'échelle planétaire. Les scientifiques estiment que son affaiblissement ou son arrêt aurait des conséquences dramatiques, comme des vagues de froid intenses en Europe, une augmentation des événements extrêmes (sécheresses, inondations) et une perturbation des écosystèmes marins.

Ralentissement confirmé

Depuis 2021, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) alerte sur le ralentissement probable de l'AMOC en raison du changement climatique d'origine humaine. Les chercheurs de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) confirment cette tendance. Le phénomène s'explique notamment par la fonte accélérée de la banquise arctique, dont la surface a diminué de moitié depuis les années 1980. Cette fonte libère de grandes quantités d'eau douce dans l'océan, ce qui réduit la densité des eaux de surface. Résultat : ces eaux, moins lourdes, plongent moins profondément, ralentissant ainsi le courant. En 2026, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a prévenu qu'un épisode intense d'El Niño pourrait aggraver cette situation en affaiblissant davantage l'AMOC.

Mécanismes de résilience

Face à ce ralentissement, les scientifiques ont observé un phénomène inattendu : dans certaines zones plus au nord, là où la glace a fondu, l'AMOC semble avoir trouvé un nouveau mécanisme pour compenser. Les eaux, bien que moins denses en surface, pourraient redevenir suffisamment lourdes pour plonger dans les abysses et repartir vers les tropiques. Ce processus, encore à l'étude, suggère une certaine résilience du courant. Cependant, les chercheurs soulignent que ce mécanisme reste à prouver scientifiquement. Ils ignorent également si l'AMOC pourrait un jour s'effondrer complètement, ce qui aurait des répercussions catastrophiques sur le climat mondial.

Incertitudes scientifiques

Les scientifiques reconnaissent que les prévisions concernant l'AMOC restent entourées d'incertitudes. Bien que le GIEC estime qu'un ralentissement est très probable, les modèles climatiques peinent à prédire avec précision quand ce phénomène se produira. Les chercheurs de l'Ifremer et d'autres instituts tentent de comprendre les interactions complexes entre la fonte des glaces, les courants océaniques et le changement climatique. En 2026, les données disponibles ne permettent pas de conclure définitivement sur l'avenir de l'AMOC. Cette incertitude souligne l'importance de poursuivre les recherches pour mieux anticiper les conséquences d'un éventuel affaiblissement ou arrêt du courant.

Ce que ça pourrait changer

Un ralentissement ou un arrêt de l'AMOC aurait des répercussions majeures sur le climat mondial. En Europe, les températures pourraient chuter de plusieurs degrés, entraînant des hivers plus rigoureux et une baisse des précipitations. Les écosystèmes marins seraient également perturbés, avec des conséquences sur la pêche et la biodiversité. Les événements météorologiques extrêmes, comme les sécheresses ou les inondations, pourraient devenir plus fréquents et plus intenses. Les scientifiques estiment que ces changements pourraient survenir *en quelques décennies* si le courant s'effondre. Ces prévisions justifient les alertes lancées par le GIEC et l'OMM, qui appellent à une réduction urgente des émissions de gaz à effet de serre pour limiter l'impact du changement climatique sur l'AMOC.

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