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Géopolitique

En Chine, il y a trois fois plus d’offres d’emploi que d’ingénieurs en algorithmes d’IA

Le Grand Continent · mis à jour il y a 14 j

Le pays pourrait connaître un déficit de 4 millions de travailleurs spécialisés dans le secteur de l’IA d’ici 2030. L’article En Chine, il y a trois fois plus d’offres d’emploi que d’ingénieurs en algorithmes d’IA est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Pénurie massive d'experts IA

En Chine, le secteur de l’intelligence artificielle (IA) fait face à un déséquilibre criant entre l’offre et la demande d’emplois. Selon la plateforme de recrutement Liepin, pour le premier semestre 2026, il y a 3,08 offres d’emploi en IA par candidat qualifié, soit trois fois plus d’annonces que de profils disponibles. Cette situation s’aggrave avec une hausse de 21 % des offres en IA au premier semestre 2026 par rapport à 2025. Les métiers les plus touchés incluent les ingénieurs en algorithmes, les développeurs de logiciels embarqués (utilisés dans les appareils électroniques) et les ingénieurs spécialisés dans les véhicules intelligents connectés. Par exemple, les postes d’architectes systèmes ou d’ingénieurs en structures mécaniques ont vu leur nombre d’annonces augmenter de plus de 50 %. Cette pénurie est estimée à 4 millions de travailleurs qualifiés manquants d’ici 2030, selon un rapport de McKinsey publié en 2023.

Causes du déficit

Le déficit de talents en IA en Chine s’explique en partie par le vieillissement de la population et la baisse de natalité, qui réduisent le nombre d’étudiants disponibles pour ces formations exigeantes. Historiquement, de nombreux chercheurs chinois quittaient le pays après leur licence pour étudier ou travailler à l’étranger. Cependant, cette tendance s’inverse : 60 % des chercheurs choisissent désormais de rester en Chine pour leurs études supérieures ou leur doctorat. Malgré cette amélioration, le pays peine à former suffisamment de spécialistes pour répondre à la demande croissante des entreprises. Les secteurs les plus dynamiques, comme la fintech (technologies financières) ou les véhicules autonomes, attirent massivement ces profils, exacerbant les tensions sur le marché du travail.

Stratégies pour attirer les talents

Pour combler ce déficit, des entreprises chinoises comme Tencent et Geely lancent des programmes ciblant les jeunes. Tencent propose un stage d’été pour lycéens de 13 à 18 ans, leur offrant des postes de chef de produit dans des domaines comme la fintech, l’IA éducative ou la recherche sur WeChat (une application de messagerie et de paiement très populaire en Chine). De son côté, Geely, constructeur automobile, s’associe à Xinwei Technology pour recruter des élèves dès la fin du lycée. Ces initiatives visent à former une nouvelle génération de talents avant même leur entrée à l’université. Aux États-Unis, des géants comme Google, Microsoft ou Palantir adoptent des stratégies similaires, montrant que cette approche n’est pas exclusive à la Chine.

Ce que ça pourrait changer

Malgré cette pénurie de talents, la Chine a dépassé les États-Unis en 2025 pour devenir le **premier pays en termes de recherche en IA**, une position qu’occupaient les États-Unis depuis 2016. Cette avancée s’illustre par la participation chinoise : **15 % des 483 contributeurs** au projet *GPT-5* d’*OpenAI* détenaient au moins un diplôme d’un établissement chinois. Cette performance reflète les efforts du pays pour développer son écosystème technologique, malgré les défis liés à la formation des experts. Les entreprises et les institutions académiques chinoises investissent massivement dans la recherche, attirant des talents nationaux et internationaux.

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