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Accord avec les États-Unis : Fréchette toujours dans le noir après un appel avec Carney

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 10 j

Tant qu'une entente ferme n'est pas signée, Ottawa ne donnera que les grandes lignes aux provinces..

Appel tendu entre Fréchette

Christine Fréchette, première ministre du Québec, n’a pas obtenu de réponses précises lors d’un appel téléphonique avec Mark Carney, ministre fédéral des Finances, concernant un projet d’accord commercial entre le Canada et les États-Unis. Cet appel, qui s’est tenu le 20 août 2026, visait à clarifier les termes de l’entente en cours de négociation. Fréchette a exprimé son insatisfaction, déclarant n’avoir reçu que des informations générales et aucun détail concret. Ottawa justifie cette réticence par l’absence de signature définitive de l’accord avec Washington, ce qui limite la transmission d’informations détaillées aux provinces. Cette situation crée une tension entre le gouvernement fédéral et le Québec, qui exige plus de transparence avant de se prononcer sur l’accord.

Négociations commerciales en cours

Les négociations entre le Canada et les États-Unis portent sur un accord visant à réduire certains tarifs douaniers sectoriels en échange de concessions, dont la réintroduction des alcools américains sur les tablettes des sociétés d’État, comme la SAQ (Société des alcools du Québec). Mark Carney a confirmé publiquement le 20 août 2026 l’existence de cet accord en négociation, sans en divulguer les détails. Pendant ce temps, le ministre canadien Dominic LeBlanc, responsable des relations commerciales avec les États-Unis, était en déplacement à Washington pour finaliser l’entente avec son homologue américain, Jamieson Greer. Cet accord s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales persistantes, notamment depuis les mesures de rétorsion québécoises comme le retrait des boissons alcoolisées américaines de la SAQ en 2025.

Réunion provinciale décevante

Le 19 août 2026, Mark Carney a réuni les premiers ministres provinciaux et territoriaux pour leur présenter les grandes lignes de l’accord commercial en négociation. Cependant, cette réunion n’a pas satisfait Christine Fréchette, qui a quitté la rencontre en exprimant son mécontentement. Elle a souligné le manque d’informations précises et exigé des clarifications supplémentaires avant de pouvoir se positionner officiellement. Le Québec craint notamment que l’accord ne menace ses lignes rouges : le maintien de la gestion de l’offre (un système de quotas protégeant les producteurs agricoles canadiens), ainsi que la protection du français et de la culture québécoise. Fréchette n’a pas pu confirmer si ces principes avaient été respectés dans les discussions.

Critique du PQ sur l'incertitude

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois (PQ), a critiqué l’approche du gouvernement de la CAQ, dirigé par Christine Fréchette, lors d’une conférence de presse tenue le 20 août 2026. Il a dénoncé une incertitude entretenue par le Québec depuis plus d’une semaine, accusant Fréchette de semer un climat de peur en l’absence d’informations claires. Selon lui, cette situation résulte d’un manque de transparence d’Ottawa, qui ne partage pas suffisamment de détails avec les provinces, alors que ces négociations touchent directement leurs compétences. Le PQ propose, s’il forme le prochain gouvernement, une approche plus proactive et affirmée pour défendre les intérêts du Québec, en s’inspirant des stratégies d’autres provinces comme l’Alberta, l’Ontario ou l’Île-du-Prince-Édouard.

SAQ et alcools américains

La question de la réintroduction des alcools américains dans les rayons de la SAQ (Société des alcools du Québec) est un point sensible des négociations. En 2025, le Québec avait retiré ces produits en représailles à des tarifs américains, une mesure dont l’efficacité est aujourd’hui remise en question. Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ, a refusé de se prononcer sur une éventuelle réouverture des tablettes de la SAQ, déclarant que cette décision serait prise lorsqu’on sera rendu là. Il a également pointé du doigt le manque de consultation du gouvernement fédéral auprès du Québec sur ce sujet, rappelant que la gestion de la vente d’alcool relève des compétences provinciales. Cette absence de dialogue alimente les tensions entre Ottawa et Québec.

Ce que ça pourrait changer

L’accord commercial actuellement en négociation avec les États-Unis ne doit pas être confondu avec la future renégociation de l’*ACEUM* (Accord Canada–États-Unis–Mexique), un traité commercial en vigueur depuis 2020. Paul St-Pierre Plamondon a rappelé que cette renégociation, prévue dans les années à venir, reste un enjeu majeur pour le Québec. Il a insisté sur la nécessité pour le Québec de constituer une *équipe de négociation* dédiée, comme l’ont fait d’autres provinces, pour défendre ses intérêts. L’ACEUM couvre des domaines bien plus larges que l’accord sectoriel actuel, incluant des règles sur les échanges agricoles, les normes environnementales et les droits de propriété intellectuelle. Son renégociation pourrait donc avoir des conséquences encore plus importantes pour le Québec.

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