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Anna Serra, nutritionniste : « À 60 ans, un plat de lentilles, légumes et huile d’olive peut être nutritionnellement plus intéressant que de nombreux produits considérés pourtant comme des super-alime

Science & Vie · mis à jour il y a 9 j

Avec l'âge, le muscle fond, et l'envie de miser sur des régimes miracles grandit. Pourtant, les superaliments coûteux tiennent rarement leurs promesses face à une simple casserole de légumes secs.

Lentilles vs super-aliments

Selon Anna Serra, nutritionniste interviewée par Science & Vie, un plat simple composé de lentilles, de légumes variés et d’huile d’olive peut, à 60 ans, offrir une valeur nutritionnelle supérieure à celle de nombreux produits étiquetés comme super-aliments. Cette affirmation remet en question l’idée reçue selon laquelle seuls les aliments exotiques ou coûteux, souvent présentés comme des super-aliments (comme les baies de goji, la spiruline ou les graines de chia), seraient bénéfiques pour la santé. Les lentilles, légumes et huile d’olive forment un trio alimentaire riche en fibres, en protéines végétales, en vitamines (notamment B et C) et en antioxydants. L’huile d’olive, quant à elle, est une source importante d’acides gras mono-insaturés, reconnus pour leurs effets positifs sur le cholestérol et la santé cardiovasculaire. Ce repas traditionnel méditerranéen, accessible et peu transformé, illustre l’importance de privilégier des aliments locaux, économiques et équilibrés plutôt que des produits marketing souvent surévalués.

Critères nutritionnels à 60 ans

À partir de 60 ans, les besoins nutritionnels évoluent : le métabolisme ralentit, la masse musculaire diminue, et le risque de maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires) augmente. Anna Serra souligne que les critères de choix alimentaire doivent alors se concentrer sur des nutriments spécifiques. Les lentilles apportent des protéines végétales (environ 9 g pour 100 g cuits), des fibres (8 g pour 100 g) et du fer, essentiel pour lutter contre l’anémie, fréquente avec l’âge. Les légumes, comme les épinards, les carottes ou les poivrons, fournissent des vitamines (A, K, folates) et des minéraux (potassium, magnésium), tandis que l’huile d’olive extra vierge, riche en polyphénols, possède des propriétés anti-inflammatoires. Ce repas répond ainsi aux besoins accrus en nutriments protecteurs, tout en limitant les apports caloriques superflus. Il s’inscrit dans le cadre d’une alimentation méditerranéenne, reconnue pour ses bienfaits sur la longévité.

Super-aliments : un marketing trompeur ?

Le terme super-aliment n’a pas de définition réglementaire précise et est souvent utilisé à des fins marketing pour promouvoir des produits à prix élevé, parfois importés ou transformés. Anna Serra met en garde contre cette tendance, qui peut détourner l’attention des aliments simples et locaux. Par exemple, les baies de goji, souvent présentées comme un super-aliment, contiennent effectivement des vitamines et des antioxydants, mais leur teneur en nutriments n’est pas significativement supérieure à celle d’une carotte ou d’une orange. De plus, leur coût peut être 10 à 20 fois plus élevé que celui des légumes de saison. Les super-aliments sont parfois dépourvus de fibres ou de protéines, contrairement aux lentilles, et leur impact environnemental (transport, culture intensive) est rarement pris en compte. Cette critique souligne l’importance de privilégier des aliments accessibles, durables et adaptés aux besoins réels du corps.

Huile d’olive : un atout méconnu

L’huile d’olive, souvent réduite à son rôle dans la cuisine méditerranéenne, est en réalité un aliment aux multiples bienfaits. Riche en acides gras mono-insaturés (environ 73 % de sa composition), elle contribue à réduire le mauvais cholestérol (LDL) et à augmenter le bon cholestérol (HDL). Elle contient également des polyphénols, des antioxydants qui luttent contre le stress oxydatif, un phénomène accéléré par le vieillissement. Une étude publiée dans The New England Journal of Medicine a montré qu’un régime méditerranéen incluant de l’huile d’olive réduisait de 30 % le risque de maladies cardiovasculaires. Anna Serra insiste sur le fait que cette huile, lorsqu’elle est extra vierge et de première pression à froid, conserve l’intégralité de ses nutriments. Son utilisation régulière dans l’alimentation quotidienne est donc un choix judicieux, tant sur le plan nutritionnel qu’économique.

Ce que ça pourrait changer

Pour illustrer ses propos, Anna Serra propose un exemple de repas équilibré : une portion de lentilles (100 g cuites) accompagnées de légumes de saison (courgettes, poivrons, oignons), le tout arrosé d’une cuillère à soupe d’huile d’olive extra vierge. Ce plat apporte environ 300 à 350 kcal, avec un ratio optimal entre protéines (12 g), fibres (10 g) et lipides sains (14 g). Les lentilles, cuites avec des carottes et des tomates, fournissent une combinaison de vitamines A et C, tandis que l’huile d’olive renforce l’absorption des nutriments liposolubles (comme la vitamine E). Ce repas, facile à préparer et peu coûteux (environ 1,50 € par portion), démontre qu’une alimentation saine ne nécessite pas de produits exotiques ou onéreux. Il s’inscrit dans une approche globale de prévention des maladies liées à l’âge, en misant sur la simplicité et la diversité.

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