PISA 2025 rankings: are we asking the right questions about schooling?
KEY TAKEAWAYS In France, as in other OECD countries, student performance has seen a steep decline in mathematics and reading. The latest Programme for International Student Assessment (PISA) shows that this decline affects disadvantaged and advantaged students alike.
Les résultats du Programme for International Student Assessment (PISA) 2025, publiés le 8 septembre 2025, révèlent un recul sans précédent des performances des élèves de 15 ans dans les 34 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En mathématiques et en lecture, les scores moyens ont chuté de 22 points et 28 points respectivement depuis 2015. Vingt pour cent des élèves sont désormais en grande difficulté dans les trois domaines évalués, contre 16 % en 2022. La France, qui obtient 483 points en sciences (proche de la moyenne OCDE de 482), perd 18 points en lecture et 16 points en mathématiques depuis 2022. Ces données soulignent une tendance globale de baisse, affectant aussi bien les élèves défavorisés que ceux issus de milieux favorisés.
L’accès à l’éducation s’est fortement élargi en France et dans les pays développés, un progrès historique qui ne garantit pas pour autant une démocratisation qualitative. Le rapport souligne que la question n’est plus simplement de savoir qui accède à l’école, mais ce que les élèves y apprennent et qui apprend quoi. Après une période de convergence internationale des performances jusqu’aux années 1990, les trajectoires nationales divergent à nouveau depuis 2000. Peu de pays ont enregistré une amélioration durable de la qualité des apprentissages. La France, malgré des inégalités éducatives marquées, voit aussi ses élèves favorisés et ses meilleurs éléments reculer, révélant un problème à la fois d’inégalités et de niveau général.
Les dépenses en éducation comptent, mais ne suffisent pas à expliquer les résultats. La Haute Commission pour la stratégie et la prospective française identifie des faiblesses structurelles : un investissement modeste dans le primaire, un ratio élèves/professeurs élevé comparé à d’autres pays européens, et des difficultés croissantes de recrutement des enseignants. Cependant, l’OCDE indique que l’efficacité des politiques éducatives et l’allocation des ressources jouent un rôle plus déterminant que le simple montant des dépenses. Par exemple, des simulations suggèrent que la croissance économique française aurait pu être supérieure de 0,5 % si les inégalités éducatives avaient été réduites depuis les années 1970.
Les réformes éducatives, bien que nécessaires, peuvent aussi devenir contre-productives si elles sont trop nombreuses ou mal adaptées. Le texte interroge : les systèmes éducatifs savent-ils eux-mêmes apprendre ? Une réforme produit des effets attendus, mais aussi imprévus. L’enjeu est de développer une capacité collective à observer, expérimenter, mesurer et ajuster les politiques. Les comparaisons internationales, comme celles du PISA, sont utiles non pour copier un modèle, mais pour poser de meilleures questions. L’objectif n’est pas de savoir combien un pays dépense ou combien d’élèves réussissent, mais comment l’éducation transforme le temps en apprentissages, les connaissances en compétences, et ces compétences en capacités d’adaptation.
L’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) redéfinit les enjeux éducatifs. En quelques secondes, un élève peut obtenir des traductions, des résumés ou des solutions à des exercices. Pourtant, le PISA montre que les compétences en déclin concernent précisément celles nécessaires dans un monde saturé d’informations : évaluer la fiabilité des sources, comparer des données, interpréter des preuves et exercer un jugement critique. L’capital humain du XXIe siècle ne peut plus se limiter à un stock de connaissances figées. Il doit inclure la capacité à apprendre à apprendre, une compétence que l’éducation initiale doit ancrer pour permettre l’adaptation tout au long de la vie.
Les tests comme le PISA ne reflètent pas toute la richesse de l’éducation. Aucun indicateur ne peut capturer ce qu’un enfant apprend en grandissant. Les données doivent éclairer les décisions, mais ne peuvent pas remplacer le choix des valeurs et des savoirs à transmettre collectivement. Les résultats du PISA 2025 ne doivent pas être interprétés comme une preuve de déclin inévitable. Certains parcours éducatifs s’améliorent, comme au Royaume-Uni ou en Turquie en sciences. L’enjeu est de mesurer pour comprendre, et non pour classer. L’éducation doit être évaluée sur sa capacité à transformer le temps en apprentissages, les connaissances en compétences utiles, et ces compétences en possibilités collectives.

