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Géopolitique

Pourquoi les langues des immigrés disparaissent

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

Au Canada comme ailleurs, les enfants d’immigrés abandonnent souvent la langue de leurs parents, mettant en péril un patrimoine culturel et familial. La chaîne CBC explore les causes et les enjeux de cette disparition..

Disparition des langues

L'article explique que les langues des immigrés, comme l'émilien (un dialecte italien) ou le cantonais, disparaissent souvent chez leurs descendants nés dans le pays d'accueil. Par exemple, la journaliste Sophia Smith Galer raconte que sa grand-mère italienne et sa mère parlaient l'émilien, mais qu'elle ne l'a pas appris et ne pourra donc pas le transmettre à son tour. Ce phénomène touche de nombreuses communautés d'immigrés au Canada, en Europe et ailleurs. Les langues d'origine sont ainsi mises en péril, ce qui entraîne une perte de patrimoine culturel et familial. Selon Nikolay Slavkov, professeur à l'université d'Ottawa, l'émigration, la guerre et la colonisation accélèrent cette disparition.

Causes principales

Plusieurs raisons expliquent pourquoi les enfants d'immigrés abandonnent la langue de leurs parents. D'abord, l'adoption de la langue du pays d'accueil est fréquente, car elle facilite l'intégration sociale et professionnelle. Ensuite, certains parents renoncent volontairement à transmettre leur langue maternelle, par crainte que cela ne complique la vie de leurs enfants ou par pression sociale. Enfin, l'absence de transmission active, comme des cours ou des échanges familiaux réguliers, joue un rôle clé. Par exemple, au Canada, des écoles tentent de faire revivre des langues comme le néerlandais ou le cantonais auprès des jeunes générations, mais ces initiatives restent limitées.

Enjeux culturels

La disparition des langues d'immigrés représente une perte majeure pour la diversité culturelle. Monika Schmid, professeure de linguistique à l'université d'York, souligne que chaque langue est un réservoir d'informations contenant des connaissances sur la nature, des récits historiques, des poèmes ou des littératures. Elle compare cette perte à celle de la biodiversité, affirmant que la diversité des langues devrait être valorisée autant que celle des espèces naturelles. Nikolay Slavkov va plus loin en évoquant un avenir dystopique si cette tendance se poursuit, où des pans entiers de l'histoire et de l'identité des communautés seraient effacés.

Efforts de préservation

Face à ce phénomène, des initiatives locales tentent de préserver les langues d'origine. Au Canada, des écoles proposent des cours de cantonais ou de néerlandais pour les descendants d'immigrés. Mak, une enseignante de cantonais, explique que ces cours permettent de maintenir un lien avec l'histoire familiale et les traditions. Elle souligne aussi que le multilinguisme est un atout pour la société canadienne. Cependant, ces efforts restent marginaux et dépendent souvent de la motivation des communautés ou des individus. Sans soutien institutionnel plus large, leur impact reste limité.

Ce que ça pourrait changer

Les médias jouent un rôle dans la prise de conscience de ce phénomène. La chaîne canadienne *CBC* a exploré cette question dans son magazine dominical, mettant en lumière des témoignages comme celui de Sophia Smith Galer. Son livre, *How to Kill a Language: Power, Resistance, and the Race to Save Our Words* (non traduit en français), aborde les mécanismes de la disparition des langues et les résistances possibles. Ces reportages contribuent à sensibiliser le public à l'importance de préserver la diversité linguistique, même si leur audience reste ciblée.

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