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Healthtech : pourquoi la valeur d’une start-up ne se mesure pas uniquement à son chiffre d’affaires

Maddyness · mis à jour il y a 2 j

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Croissance lente en santé

Dans les secteurs de la biotech (technologies issues du vivant) et de la medtech (technologies médicales), le développement d’un produit ou d’une innovation prend généralement entre 5 et 10 ans avant sa commercialisation. Contrairement à d’autres industries, la création de valeur ne dépend pas immédiatement du chiffre d’affaires, car les revenus n’apparaissent qu’après des étapes longues et coûteuses. Ces étapes incluent la validation scientifique, les essais précliniques (tests en laboratoire) et cliniques (tests sur l’humain), l’obtention des autorisations réglementaires (comme celles de l’ANSM en France ou de la FDA aux États-Unis), puis l’industrialisation. Par exemple, en France, le secteur de la santé représente un chiffre d’affaires annuel de 90 milliards d’euros, mais les start-ups y évoluent dans un cadre où les investisseurs doivent accepter des cycles de financement plus longs et plus risqués que dans d’autres domaines.

Valorisation hors revenus

La valorisation d’une start-up en santé ne repose pas uniquement sur ses revenus actuels, souvent inexistants en phase de recherche et développement. Les investisseurs évaluent plutôt des preuves de progression, c’est-à-dire des indicateurs immatériels qui démontrent la solidité de l’innovation. Ces preuves peuvent inclure des résultats scientifiques marquants, comme la validation d’une hypothèse de recherche ou la réussite d’essais cliniques, des partenariats stratégiques avec des acteurs académiques, techniques ou industriels, ou encore la constitution d’une équipe dirigeante expérimentée. Par exemple, un partenariat avec un laboratoire universitaire ou une entreprise pharmaceutique peut renforcer la crédibilité d’une start-up et justifier une valorisation élevée, même sans revenus immédiats.

Propriété intellectuelle clé

La propriété intellectuelle (PI) est un pilier de la valorisation des start-ups en santé. Elle ne se limite pas aux brevets, qui protègent une invention technique, mais englobe aussi le secret industriel (protection de procédés non divulgués), les droits d’auteur pour les logiciels, ou encore la sécurisation des données. Par exemple, une start-up développant une solution basée sur l’intelligence artificielle doit protéger son algorithme, soit par brevet, soit en gardant son code source confidentiel. La maîtrise de ces actifs immatériels permet de rassurer les investisseurs et de sécuriser des levées de fonds. Cependant, la PI doit être anticipée, notamment dans les partenariats où la répartition des droits doit être clairement définie pour éviter des conflits futurs.

Financement par étapes

Les start-ups en santé suivent un modèle de financement progressif, similaire à d’autres secteurs innovants. Elles commencent par des fonds propres, puis réalisent des levées de fonds successives pour financer leur développement. À chaque levée, les fondateurs cèdent une partie de leur capital, mais reçoivent des fonds supplémentaires pour accélérer la recherche ou la production. En France, l’horizon de sortie pour les investisseurs est généralement estimé entre 3 et 5 ans, selon BPI France (Banque Publique d’Investissement). Contrairement à d’autres industries, les investisseurs en santé acceptent des cycles plus longs, car la création de valeur est souvent liée à des étapes scientifiques ou réglementaires plutôt qu’à une croissance rapide du chiffre d’affaires.

Ce que ça pourrait changer

Le développement d’une innovation en santé implique souvent plusieurs acteurs, chacun jouant un rôle spécifique. Les équipes de recherche académique (universités, laboratoires publics) sont à l’origine des découvertes scientifiques. Les start-ups transforment ces découvertes en technologies exploitables. Enfin, des partenaires industriels (grandes entreprises pharmaceutiques ou fabricants de dispositifs médicaux) prennent le relais pour la production et la commercialisation. Par exemple, une start-up peut collaborer avec un hôpital pour mener des essais cliniques, puis s’associer à un groupe industriel pour industrialiser et distribuer son produit. Cette chaîne de valeur explique pourquoi la valorisation d’une start-up en santé dépend autant de sa capacité à fédérer ces acteurs que de ses propres performances financières.

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