Les pressions de la FNSEA ont échoué : le schéma de gestion de l'eau de la Vilaine enfin adopté
Le Sage de la Vilaine, l'un des plus importants schémas d'aménagement et de gestion de l'eau, a été adopté le 16 octobre. Ce, après des mois de report en raison de blocages des syndicats agricoles productivistes.
Le Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) du bassin de la Vilaine a été officiellement adopté le 16 octobre 2026, après plusieurs mois de reports dus à des blocages. Ce document, révisé depuis 2022, vise à améliorer la qualité de l’eau dans un territoire où seulement 6 % des masses d’eau de surface sont en bon état écologique, principalement en raison d’une agriculture intensive utilisant des pesticides. Le Sage a été voté à 45 voix sur 63 lors d’une réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) à Saint-Just en Ille-et-Vilaine, soit une majorité des deux tiers. Ce schéma est considéré comme l’un des plus importants de France en matière de gestion de l’eau.
Parmi les mesures du Sage Vilaine, la « règle n°1 » est particulièrement contestée par le monde agricole. Elle propose d’interdire l’utilisation d’herbicides sur les parcelles de maïs situées sur des terrains en pente et proches des zones où l’eau potable est captée. Cette interdiction concernerait seulement 1,4 % des surfaces couvertes par le schéma de gestion. Les syndicats agricoles productivistes, comme la FNSEA, ont exercé des pressions pour bloquer l’adoption de cette règle, ce qui a retardé l’approbation finale du Sage. Malgré ces oppositions, la CLE a maintenu cette mesure dans le document final.
Les blocages organisés par les syndicats agricoles, notamment la FNSEA, ont entraîné des reports répétés de l’adoption du Sage Vilaine. Ces actions ont culminé avec une manifestation d’agriculteurs en décembre 2025 à Châteaubourg, en Ille-et-Vilaine, lors d’une réunion dédiée à la révision du schéma. La CLE, qui regroupe des représentants de l’État, des collectivités locales, des usagers et des associations, a finalement résisté à ces pressions et adopté le Sage sans céder aux menaces. Cette décision a été saluée par les associations environnementales, qui se sont mobilisées depuis plus d’un an pour défendre le projet.
L’adoption du Sage Vilaine s’accompagne d’un changement de présidence à la tête de la CLE. Ludovic Brossard, président de la Collectivité eau du bassin rennais et conseiller municipal délégué à l’alimentation durable et à la lutte contre la précarité alimentaire, a été élu à ce poste. Très engagé en faveur de l’environnement et de la réduction des pesticides, son élection marque un tournant dans la gouvernance du bassin. Cette nomination reflète une volonté de dynamiser la gestion de l’eau et de renforcer les actions en faveur de la qualité écologique des milieux aquatiques.
Les associations environnementales, comme Eau et Rivières de Bretagne, le Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest (CVSPO) et la Confédération paysanne, ont salué l’adoption du Sage Vilaine. Pauline Pennober, d’Eau et Rivières de Bretagne, a exprimé un soulagement face à cette avancée, soulignant que la démocratie avait prévalu face aux pressions des syndicats majoritaires. L’étape suivante consiste en la ratification de l’arrêté préfectoral d’entrée en vigueur du Sage par la préfète, un processus qui devrait prendre entre un et deux mois. Cette validation permettra ensuite la mise en œuvre concrète des mesures prévues dans le document.

