Greta Thunberg est-elle l'héroïne des lycéens ?
La célèbre militante pour le climat est en France pour soutenir les lycéens mobilisés : "On nous vole notre avenir. Nous n'allons pas abandonner"..
Greta Thunberg, militante suédoise pour le climat âgée de 23 ans en 2026, s’est rendue devant le lycée Paul Eluard à Saint-Denis, en France, le 13 octobre 2026. Elle y a rencontré des lycéens mobilisés pour des revendications écologiques et sociales. Vêtue d’un keffieh, un foulard traditionnel souvent associé aux mouvements de solidarité internationale, elle a exprimé son soutien aux élèves en déclarant : « On nous vole notre avenir. Nous n’allons pas abandonner. » Son intervention s’est accompagnée d’un appel politique fort, l’incitant à unifier les mouvements étudiants, ceux des travailleurs, des migrants et des écologistes contre « un système destructeur incompatible avec les droits humains ». Cette visite s’inscrit dans un contexte où Greta Thunberg, déjà soutenue par des figures comme le pape François ou l’ancien président américain Barack Obama, cherche à fédérer les luttes pour la justice climatique et sociale.
Greta Thunberg est devenue une figure mondiale après avoir lancé en 2018 des grèves scolaires pour le climat, un mouvement appelé Fridays for Future (Vendredis pour l’avenir). Ce mouvement a inspiré des millions de jeunes à travers le monde à manifester chaque vendredi pour demander des actions contre le réchauffement climatique. En plus de son combat écologique, elle s’est engagée pour les droits des Palestiniens, participant à des missions humanitaires vers Gaza. Son activisme lui a valu une reconnaissance internationale, mais aussi des critiques de la part de certains responsables politiques. En 2019, lors d’un discours à l’ONU, elle avait lancé un avertissement marquant : « How dare you ? » (Comment osez-vous ?), s’adressant aux dirigeants mondiaux pour leur inaction face à la crise climatique. Depuis, les conditions environnementales se sont aggravées, renforçant son rôle de porte-voix de la jeunesse inquiète pour l’avenir.
Les lycéens français réagissent de manière variée à la présence de Greta Thunberg. Pour certains, elle incarne une icône militante dont les combats (climat, droits humains, justice sociale) résonnent avec leurs propres préoccupations. Ces élèves, souvent politisés, voient en elle une figure de ralliement pour une convergence des luttes, notamment avec des mouvements comme celui porté par Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise. D’autres lycéens, moins engagés politiquement, partagent cependant son inquiétude pour l’avenir, marquée par des enjeux comme l’urgence climatique, les guerres, la dette publique ou encore l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Leurs revendications immédiates incluent aussi des demandes concrètes comme un meilleur système d’orientation scolaire, des classes moins surchargées ou des lycées en meilleur état. Greta Thunberg, en s’adressant à tous, touche ainsi une partie de la jeunesse par son message universel sur l’avenir.
La visite de Greta Thunberg intervient dans un contexte de tensions sociales en France. Les lycéens sont en effet mobilisés depuis plusieurs semaines, avec des blocages de lycées et des manifestations contre la vie chère, un mouvement dont les contours restent flous mais qui s’inscrit dans une dynamique plus large de protestation. Ces mobilisations s’ajoutent à d’autres enjeux comme les violences policières lors des rassemblements, évoquées dans l’article, ou encore les revendications pour un service public éducatif plus performant. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est notamment pointé du doigt pour sa gestion de ces mouvements. Ces dynamiques locales s’inscrivent dans un paysage politique national marqué par des divisions autour des réformes éducatives et des politiques environnementales, avec des acteurs comme Mélenchon qui tentent de fédérer ces colères.
Greta Thunberg représente pour les lycéens une figure symbolique de la résistance face à l’inaction des adultes et des dirigeants. Son discours, à la fois radical et mobilisateur, résonne particulièrement auprès des jeunes les plus engagés, qui y voient un appel à l’action collective. Cependant, son impact réel sur l’ensemble des lycéens reste limité. Si elle touche ceux qui partagent ses convictions, beaucoup d’élèves ont des préoccupations plus immédiates, comme l’amélioration de leur quotidien scolaire ou la crainte de ne pas trouver d’emploi dans un marché du travail en mutation. Son influence, bien que forte sur le plan symbolique, ne suffit pas à unifier toutes les revendications lycéennes, qui restent diversifiées et parfois contradictoires. La convergence des luttes qu’elle appelle de ses vœux semble donc plus facile à théoriser qu’à mettre en pratique sur le terrain.

