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Environnement

Sécheresse, canicules à répétition et afflux de méduses : treize réacteurs nucléaires à l’arrêt ou au ralenti en France

Vert.eco · mis à jour il y a 19 j

En pleine canicule du mois d’août, le parc nucléaire français a atteint un record d’indisponibilités dimanche après-midi. Lundi, quatre nouveaux réacteurs ont été affectés à Gravelines (Nord) du fait de la présence de méduses dans les stations de pompage d’eau de mer, en plus des neuf déjà impactés par les fortes chaleurs..

Record d'indisponibilités nucléaires

En août 2026, la France a connu un niveau inédit d’indisponibilités dans son parc nucléaire, avec 13 réacteurs à l’arrêt ou au ralenti. Ce record s’explique par deux phénomènes principaux : les canicules à répétition et la sécheresse. Selon les données d’EDF publiées depuis 2015 et analysées par l’AFP, le taux de puissance manquante a atteint 5,6 % dimanche 11 août, un chiffre jamais enregistré auparavant. Parmi les réacteurs concernés, cinq ont dû réduire leur production (Tricastin 1 et 4, Saint Alban 1 et 2, Bugey 3), tandis que quatre étaient à l’arrêt complet (Golfech 2, Chooz 1 et 2, Cattenom 1). Cette situation illustre l’impact croissant des conditions météorologiques extrêmes sur la production d’électricité en France.

Raisons des arrêts

Les réacteurs nucléaires français, tous situés en bord de fleuve ou de mer pour leur refroidissement, sont vulnérables aux vagues de chaleur et aux sécheresses. En cas de canicule ou de baisse du débit des cours d’eau, EDF doit limiter ou suspendre sa production pour protéger les écosystèmes. En effet, le rejet d’eaux de refroidissement, légèrement plus chaudes, pourrait nuire à la faune et à la flore aquatiques ou rendre l’eau impropre à la consommation (au-delà de 25°C, elle ne peut plus être captée pour l’eau potable). Par exemple, le Rhône, la Garonne et la Gironde sont déjà en surchauffe. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) impose des limites strictes pour chaque site afin de préserver l’environnement, sans compromettre la sûreté des installations.

Méduses perturbent Gravelines

La centrale nucléaire de Gravelines, la plus grande d’Europe occidentale, a dû ralentir ou arrêter quatre de ses réacteurs le 11 août 2026 à cause d’un afflux massif de méduses dans ses stations de pompage d’eau de mer. Les réacteurs n°2, 3 et 4 ont été arrêtés, tandis que le n°1 fonctionnait à 50 % de sa puissance. Seul le réacteur n°6 fonctionnait à pleine capacité, le n°5 étant en maintenance programmée. Ce problème n’est pas nouveau : Gravelines avait déjà été confrontée à une situation similaire en août 2025. Le réchauffement des océans, lié au changement climatique, favorise la prolifération des méduses, perturbant ainsi le fonctionnement des centrales côtières.

Impact économique limité

EDF minimise l’impact des indisponibilités climatiques sur la production nucléaire, soulignant que la France reste largement exportatrice d’électricité vers l’Europe. Selon RTE, le gestionnaire du réseau de haute tension, le pays a exporté jusqu’à l’équivalent de plus d’une dizaine de réacteurs nucléaires d’électricité le 11 août. L’électricien rappelle également que l’impact des sécheresses et canicules sur la production est actuellement très faible, avec une moyenne de 0,3 % de perte annuelle depuis 2000. Cependant, cette situation pourrait s’aggraver : EDF estime que les restrictions environnementales pourraient représenter 1,4 % de la production nucléaire annuelle dès 2035, contre 0,3 % aujourd’hui.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’aggravation des phénomènes climatiques, EDF doit adapter son parc nucléaire pour faire face aux indisponibilités estivales. Depuis 2015, ces perturbations surviennent chaque année, selon Thibault Laconde, fondateur de l’entreprise Callendar spécialisée dans les risques climatiques. Pour y remédier, l’électricien prévoit d’investir 8,7 milliards d’euros d’ici 2040 afin de moderniser ses installations et réduire leur vulnérabilité aux vagues de chaleur et aux sécheresses. Cette adaptation est stratégique, car le nucléaire représente environ 70 % de la production électrique française, et son rôle pourrait s’étendre avec la transition énergétique.

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