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Environnement

Les Gaulois contre la fast fashion : leurs vêtements étaient-ils vraiment écologiques ?

Vert.eco · mis à jour il y a 17 h

Laine, lin, cuir, teintures végétales… le vestiaire gaulois avait a priori tous les attributs de la mode durable. Mais derrière cette apparente sobriété se cachent des procédés gourmands en ressources, des substances parfois toxiques et de fortes inégalités sociales.

Vêtements gaulois écologiques ?

Les Gaulois·es, vivant entre le 5ème siècle avant J.-C. et le 1er siècle après, portaient des vêtements fabriqués à partir de matières naturelles comme la laine, le lin, le chanvre et le cuir. Leur garde-robe incluait des pantalons appelés braies, des tuniques et des manteaux souvent rayés ou colorés. Ces matériaux, associés à une production locale et artisanale, donnent l’impression d’une mode durable. Cependant, l’article souligne que l’emploi de fibres naturelles ne garantit pas automatiquement un impact environnemental nul. Par exemple, les procédés de teinture utilisaient des mordants (sels métalliques ou pierre d’alun) pour fixer les couleurs, et certains de ces produits étaient toxiques. De plus, la fabrication du verre pour les bijoux nécessitait des températures très élevées, consommant beaucoup de bois et générant des rejets potentiellement polluants.

Fabrication longue et minutieuse

La confection d’un vêtement gaulois était un processus long et exigeant. Après la tonte des moutons, la laine était triée, lavée, cardée (démêlée et aérée) et peignée avant d’être filée au fuseau. Marie-Pierre Puybaret, tisserande et consultante en archéologie, explique qu’il fallait au moins un mois de travail à trois personnes pour filer la laine nécessaire à une tunique, à raison de trois heures par jour. Les écheveaux de fil étaient ensuite teints avec des plantes comme la garance (rouge), le pastel (bleu) ou la gaude (jaune). Le tissage sur un métier vertical, à une vitesse d’environ sept centimètres par heure, prenait cinq semaines supplémentaires pour obtenir les 3,50 mètres de tissu nécessaires. Enfin, la découpe et la couture ajoutaient encore du temps. Ce processus lent rendait les vêtements plus solides et durables, permettant de les réparer et de les transmettre sur plusieurs générations.

Impact environnemental réel

Bien que les matières utilisées soient naturelles, leur production avait un impact environnemental non négligeable. Les teintures végétales nécessitaient parfois des mordants toxiques pour fixer les couleurs, comme des sels métalliques ou de la pierre d’alun. Nicolas Delferriere, chercheur en histoire de l’art et archéologie antique, précise que l’utilisation d’urine, dont l’ammoniac servait à traiter les peaux ou les étoffes, est attestée dans le monde romain mais pas clairement démontrée en Gaule. De plus, certaines matières comme l’amiante étaient utilisées dès l’âge du fer, exposant les artisan·es à des substances dangereuses. La fabrication du verre, avec des températures atteignant 1 400°C pour produire la matière et 1 000°C pour la transformer, consommait d’importantes quantités de bois, soulignant que la durabilité des vêtements gaulois ne signifiait pas absence de pollution.

Bijoux et réseaux d'échange

Les bijoux gaulois, comme les bracelets en verre bleu turquoise, témoignent d’un artisanat complexe et de réseaux d’échange étendus. Ces bracelets, fabriqués par étirement d’une grosse perle, nécessitaient quinze années d’essais pour reproduire les décors celtiques. Leur matière première pouvait provenir d’Égypte ou du Proche-Orient, illustrant des échanges commerciaux entre l’Europe et le bassin méditerranéen. Joëlle Rolland, archéologue spécialiste de l’âge du fer, souligne que ces bijoux, réservés aux personnes aisées, étaient des symboles de richesse et de statut social. Leur fabrication à haute température consommait également beaucoup de ressources, comme le bois pour alimenter les fours.

Ce que ça pourrait changer

Les vêtements et bijoux gaulois reflétaient une société hiérarchisée. Les plus riches portaient des étoffes chatoyantes, des manteaux d’apparat et des bijoux en métaux précieux ou en verre sophistiqué, comme des fibules (broches pour fixer les vêtements) ou des torques (colliers rigides). Les parures en verre, réservées aux élites, étaient des marqueurs de statut social et de compétition entre individus. Avec le temps, ces bijoux se sont démocratisés, mais les vestiges textiles retrouvés proviennent souvent de tombes de privilégiées, offrant une vision partielle de la société. Marion Chastaing, médiatrice au musée de Gergovie, explique que la longévité des vêtements ne signifiait pas égalité d’accès : tous les Gaulois·es ne pouvaient pas s’offrir des tenues luxueuses, même si celles-ci duraient plus longtemps.

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