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Géopolitique

L’IA stimulera davantage la production de pétrole et de gaz que celle d’énergie verte

Courrier International · mis à jour il y a 22 j

Les gains de productivité dégagés par l’intelligence artificielle dans le secteur de l’énergie engendrent davantage d’émissions de CO2 qu’ils n’en évitent, prévient une étude relayée par le “Financial Times”..

L'IA booste les énergies fossiles

L'intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée dans le secteur de l'énergie pour améliorer l'efficacité des processus. Dans le domaine des énergies fossiles comme le pétrole et le gaz, l'IA permet de réduire les coûts de forage, de découvrir de nouveaux gisements et d'augmenter les taux de récupération des ressources. Cela rend ces énergies moins chères et plus abondantes sur le marché. Par exemple, elle aide à optimiser l'extraction en analysant des données géologiques complexes ou en ajustant en temps réel les paramètres de forage. Cependant, cette optimisation favorise une production accrue de ces énergies polluantes, ce qui pose un problème environnemental majeur.

L'IA et les énergies vertes

L'IA peut également être bénéfique pour les énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien. Elle permet de prévoir avec précision le rayonnement solaire et la force du vent, d'anticiper les pannes grâce à la maintenance prédictive, et de déterminer les moments optimaux pour utiliser les batteries de stockage. Ces applications améliorent l'efficacité des centrales solaires et éoliennes, rendant ces énergies plus compétitives. Malgré ces avantages, l'impact global de l'IA sur la réduction des émissions de CO2 reste limité, car les gains obtenus dans les énergies vertes sont largement dépassés par l'augmentation des émissions liées aux énergies fossiles.

Bilan carbone déséquilibré

Une étude publiée par la revue Nature et relayée par le Financial Times révèle que les gains de productivité apportés par l'IA dans le secteur énergétique entraînent davantage d'émissions de CO2 qu'ils n'en évitent. Selon les chercheurs, ces émissions supplémentaires pourraient atteindre entre 500 millions et 1,8 milliard de tonnes de dioxyde de carbone par an. Ce déséquilibre s'explique par le fait que les entreprises pétrolières et gazières, en utilisant l'IA, voient leurs émissions augmenter de 2,8 à 10 fois plus que celles des centres de données, pourtant déjà pointés du doigt pour leur forte consommation énergétique. Les centres de données émettent environ 180 millions de tonnes de CO2 par an, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Ce que ça pourrait changer

Cette étude a été menée par deux anciens employés de Microsoft, qui ont fondé l'organisation à but non lucratif *Enabled Emissions Campaign*. Leurs travaux soulignent que l'IA renforce la position dominante des énergies fossiles en rendant leur exploitation plus rentable et efficace. Le contexte économique et politique actuel, marqué par une forte demande en énergie et des profits records pour les compagnies pétrolières, aggrave cette tendance. Par exemple, certaines entreprises du secteur énergétique engrangent des profits de 700 000 dollars par minute, ce qui les incite à investir massivement dans des technologies comme l'IA pour maximiser leur production.

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