Un influent député conservateur allemand contraint à la démission après avoir eu recours à la GPA
Patron du groupe parlementaire de la CDU-CSU, Jens Spahn a admis avoir eu un enfant grâce à une gestation pour autrui à l’étranger, alors qu’il s’était jusque là publiquement opposé à la légalisation du procédé en Allemagne. Face au tollé suscité par ce double discours, il a quitté son poste.
Le 18 juillet 2026, Jens Spahn, alors chef du groupe parlementaire CDU-CSU au Bundestag (le parlement allemand), a annoncé sa démission après avoir révélé être devenu père grâce à une gestation pour autrui (GPA) pratiquée aux États-Unis. Spahn, figure majeure du parti conservateur chrétien-démocrate CDU-CSU, occupait ce poste depuis le 24 juin 2026. Sa démission a été qualifiée d’"inévitable" par le chancelier allemand Friedrich Merz, également membre de la CDU-CSU. Cette annonce a suscité une vive polémique en Allemagne, notamment dans les médias comme Die Tageszeitung ou la chaîne publique bavaroise BR24, qui soulignent les contradictions morales de la situation.
La gestation pour autrui (GPA) est une pratique où une femme porte un enfant pour le compte d’un ou plusieurs parents d’intention, qui deviennent les parents légaux après la naissance. En Allemagne, cette méthode est strictement interdite par la loi, car elle est considérée comme une exploitation du corps des femmes. Cependant, le pays reconnaît la filiation des enfants nés à l’étranger via une GPA, sous certaines conditions. Aux États-Unis, où Spahn a eu recours à cette pratique, la GPA est légale dans plusieurs États, ce qui explique pourquoi il n’a pas enfreint la loi allemande. Pourtant, cette situation soulève des questions éthiques, notamment sur le plan moral, comme le souligne BR24.
Jens Spahn s’était publiquement opposé à la GPA par le passé, notamment en tant qu’homme gay et chrétien. En février 2026, son parti, la CDU-CSU, avait réaffirmé son opposition à la légalisation de cette pratique sur le sol allemand. Cette position s’appuyait sur des arguments éthiques, comme la protection des femmes et l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, Spahn a lui-même eu recours à une GPA aux États-Unis, ce qui a provoqué une indignation dans les médias allemands. BR24 a critiqué cette contradiction, soulignant que son parti défend une position cohérente sur le plan juridique, mais pas sur le plan moral.
La démission de Spahn a été largement commentée dans la presse allemande. Le chancelier Friedrich Merz a jugé sa décision "inévitable", tandis que des médias comme *Die Tageszeitung* ont titré sur un "bébé qui affole l’Allemagne". BR24, la chaîne publique bavaroise, a pointé du doigt la contradiction entre les positions officielles du parti et les actes personnels de son ancien chef. Cette affaire a relancé le débat sur la GPA en Allemagne, où cette pratique reste un sujet sensible, divisant l’opinion publique et les partis politiques.

