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Généraliste

Sur nos gardes

Le Devoir · mis à jour il y a 8 j

Nous enseignons aux filles la prudence comme une seconde nature. C’est intenable, il faut que ça change..

Précautions imposées

L’autrice explique que les femmes intègrent dès l’enfance des règles de prudence pour éviter les violences sexuelles, comme ne pas laisser son verre sans surveillance ou éviter de rentrer seule la nuit. Ces comportements deviennent des réflexes, presque invisibles avec le temps. Elle souligne que ces précautions, bien que utiles, sont enseignées avant même que les femmes comprennent pourquoi elles doivent les appliquer. Cette habitude de se protéger en permanence repose sur une anticipation constante du danger, ce qui n’est pas une solution durable. Le texte précise que ces règles sont partagées entre femmes, comme un savoir transmis de génération en génération, sans que leur origine ou leur nécessité ne soit remise en question.

Affaire Cornell 7

L’affaire Cornell 7 concerne une ancienne étudiante de l’Université Cornell, aux États-Unis, qui allègue avoir été droguée et agressée sexuellement par sept membres d’une fraternité en 2024. Ces allégations, non établies devant un tribunal, font l’objet d’une poursuite civile et d’une enquête criminelle rouverte fin septembre 2026. L’Université Cornell affirme avoir mené une enquête interne et imposé des sanctions, tandis que la gouverneure de New York a demandé une enquête indépendante sur la gestion de l’affaire par l’établissement. Cette affaire illustre les défis liés aux violences sexuelles dans les milieux étudiants et la difficulté de faire entendre les victimes.

Culture du blâme

L’autrice critique la tendance à remettre en cause le comportement des victimes plutôt qu’à interroger les causes des violences sexuelles. Elle cite des questions souvent posées aux femmes agressées, comme « Pourquoi était-elle là ? » ou « Pourquoi n’a-t-elle pas dénoncé plus tôt ? », qui suggèrent qu’elles auraient pu éviter l’agression. Ces interrogations, selon elle, détournent l’attention de la responsabilité collective à prévenir ces violences. Elle dénonce un renversement de la logique : au lieu de chercher comment éviter les agressions, on cherche ce que la victime aurait pu faire différemment. Ce mécanisme, appelé culture du blâme (ou victim blaming en anglais), est un obstacle majeur à la justice et à la prévention.

Responsabilité institutionnelle

L’autrice souligne que la prévention des violences sexuelles ne peut reposer uniquement sur les victimes. Elle insiste sur le rôle des institutions, comme les universités, dans la création d’un environnement sûr. L’Université Cornell, par exemple, affirme avoir appliqué ses procédures internes après les allégations, mais une enquête indépendante a été demandée pour évaluer la transparence et l’efficacité de ses actions. L’autrice explique que les établissements ont le pouvoir de façonner une culture institutionnelle : en choisissant les mesures de prévention à mettre en place, en soutenant les victimes et en sanctionnant les comportements inacceptables. Elle rappelle que les universités ne peuvent empêcher toutes les agressions, mais qu’elles ont une responsabilité dans la réponse apportée.

Prévention collective

Pour l’autrice, la lutte contre les violences sexuelles nécessite une approche collective. Elle cite plusieurs leviers d’action : l’éducation au consentement, l’intervention des témoins dans des situations à risque, et le courage de dénoncer les comportements inappropriés. Elle insiste sur l’importance de ne pas détourner le regard face à des situations préoccupantes, comme une personne en état d’ébriété vulnérable. Elle rappelle que la prévention ne doit pas être une charge supplémentaire pour les femmes, mais une responsabilité partagée par toute la société. Enfin, elle souligne que cette problématique dépasse les frontières américaines et concerne toutes les sociétés où les femmes intègrent des règles de prudence dès leur plus jeune âge.

Ce que ça pourrait changer

L’autrice reconnaît que certaines précautions, comme partager sa localisation ou éviter de marcher seule la nuit, restent utiles dans un monde où les violences sexuelles existent. Cependant, elle plaide pour un changement profond : une société où les femmes n’auraient plus à apprendre la prudence comme une seconde nature. Elle conclut en affirmant que la responsabilité d’une agression ne devrait jamais incomber à la victime, quelle que soit la situation. Son texte appelle à une remise en question des normes sociales qui normalisent ces précautions, tout en reconnaissant leur utilité temporaire dans un système imparfait.

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