Après l’été caniculaire, comment faire le deuil d'une nature qui n'est plus ?
L’été 2026 en France, marqué par des températures exceptionnelles et des catastrophes naturelles, a révélé un phénomène psychologique et social appelé *deuil collectif*. Selon Jean-Marc Jancovici, ingénieur et fondateur du groupe de réflexion *The Shift Project*, ce terme désigne l’ensemble des réactions émotionnelles et cognitives face à la disparition progressive d’un environnement familier. Ce deuil ne concerne pas seulement la perte d’espèces animales ou végétales, mais aussi l’effritement d’un mode de vie et d’une relation à la nature. Jancovici souligne que ce processus s’apparente aux cinq étapes du deuil identifiées par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Actuellement, la société se situerait entre le déni et la colère, reflétant une prise de conscience encore incomplète des enjeux climatiques.
L’été 2026 en France, marqué par des températures exceptionnelles et des catastrophes naturelles, a révélé un phénomène psychologique et social appelé deuil collectif. Selon Jean-Marc Jancovici, ingénieur et fondateur du groupe de réflexion The Shift Project, ce terme désigne l’ensemble des réactions émotionnelles et cognitives face à la disparition progressive d’un environnement familier. Ce deuil ne concerne pas seulement la perte d’espèces animales ou végétales, mais aussi l’effritement d’un mode de vie et d’une relation à la nature. Jancovici souligne que ce processus s’apparente aux cinq étapes du deuil identifiées par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Actuellement, la société se situerait entre le déni et la colère, reflétant une prise de conscience encore incomplète des enjeux climatiques.
L’auteur de l’article décrit une expérience personnelle dans les Cévennes, où le silence des forêts et l’absence de chants d’oiseaux ou de bourdonnements d’insectes ont créé une atmosphère oppressante. Ce phénomène n’est pas isolé : il s’inscrit dans une tendance plus large de déclin de la biodiversité, accélérée par le réchauffement climatique. Les cours d’eau, asséchés ou infestés par des cyanobactéries, et les risques d’incendies ont renforcé cette impression de vide et de perturbation écologique. Ces observations illustrent une rupture avec un monde naturel autrefois perçu comme stable et prévisible, désormais en mutation rapide et souvent irréversible.
Jean-Marc Jancovici explique que l’été 2026 symbolise le passage d’un monde facile à un monde difficile, où les conditions de vie deviennent plus précaires. Ce changement radical remet en cause les habitudes, les paysages et les écosystèmes auxquels les sociétés étaient habituées. Par exemple, la disparition d’espèces ou la transformation des paysages naturels altèrent non seulement l’environnement, mais aussi les cultures locales et les activités humaines qui en dépendent. Ce bouleversement nécessite une adaptation profonde, tant sur le plan individuel que collectif, pour accepter cette nouvelle réalité.
Les cinq étapes du deuil, théorisées par Elisabeth Kübler-Ross pour les pertes humaines, s’appliquent aussi à la crise écologique. Le déni se manifeste par une minimisation des impacts du changement climatique, tandis que la colère peut s’exprimer face à l’inaction des institutions ou des individus. Le marchandage consiste à chercher des solutions temporaires ou à espérer un retour à la normale, souvent illusoire. La dépression survient lorsque la réalité devient incontournable, et l’acceptation ouvre la voie à une action constructive. Selon Jancovici, la société en est encore aux premières étapes, ce qui explique la lenteur des réponses collectives.
L’article évoque l’héritage du naturaliste et écologue Aldo Leopold, auteur de Almanach d’un comté des sables (1949), qui a inspiré des générations de penseurs de l’écologie. Leopold a souligné l’importance d’une relation harmonieuse entre l’humain et la nature, fondée sur le respect et la responsabilité. Ses travaux invitent à repenser notre rapport à l’environnement non comme une ressource à exploiter, mais comme un écosystème dont nous faisons partie. Cette approche, qualifiée d’écologie intégrale, propose de concilier protection de la nature et bien-être humain, en intégrant des valeurs éthiques et spirituelles dans les décisions environnementales.
Le philosophe et écologue David Abram, auteur de *Comment la Terre s’est tue* (2010), explore une autre dimension du deuil écologique : la perte de notre capacité à percevoir et à ressentir la nature. Abram défend l’idée que notre relation au monde vivant repose sur une sensibilité corporelle et sensorielle, souvent négligée dans les sociétés modernes. Selon lui, le réchauffement climatique et la dégradation des écosystèmes ne sont pas seulement des problèmes techniques, mais aussi des ruptures dans notre expérience sensible du monde. Cette approche invite à réapprendre à écouter, voir et toucher la nature pour renouer avec elle, malgré les transformations en cours.

