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L’IA a-t-elle vraiment « tué » l’auteur ?

The Conversation France · mis à jour 31 août

Déjà en 1967, Barthes prophétisait la mort de l'auteur. Pixabay , CC BY À chaque nouvelle avancée des intelligences artificielles génératives, la même inquiétude revient.

Origine du débat

En 1967, le critique français Roland Barthes publie un essai intitulé La Mort de l’auteur, qui remet en question le rôle traditionnel de l’auteur dans l’interprétation d’une œuvre. Barthes ne suggère pas que l’écrivain disparaît physiquement, mais que son autorité sur le sens du texte s’efface une fois l’œuvre publiée. Selon lui, le sens d’un texte n’est plus contrôlé par son créateur, mais émerge de l’interaction entre le texte, son contexte et les lecteurs. Chaque lecteur, avec ses expériences et sa culture, donne une interprétation unique à l’œuvre. Ce concept a marqué un tournant dans la théorie littéraire en déplaçant l’autorité du sens de l’auteur vers une production collective. L’article souligne que cette idée, bien que provocatrice à l’époque, résonne aujourd’hui avec les débats sur l’intelligence artificielle et la création artistique.

IA et création littéraire

Les intelligences artificielles génératives, comme ChatGPT, peuvent désormais produire des textes littéraires, imiter des styles d’auteurs célèbres ou prolonger des univers de fiction. Par exemple, des IA peuvent rédiger des nouvelles aventures de Harry Potter ou traduire des romans dans un style différent. Contrairement à un auteur humain, une IA ne possède ni expérience vécue ni intention artistique, mais elle recombine des formes narratives existantes à partir de millions de textes sur lesquels elle a été entraînée. L’article précise que l’IA agit davantage comme un interprète sophistiqué qu’un créateur autonome. Elle ne génère pas un « vrai » texte caché, mais produit une nouvelle lecture basée sur les consignes de l’utilisateur et les données d’entraînement. Cela brouille les frontières entre lecture, interprétation et création.

Pouvoir des récits

L’article s’appuie sur des recherches en storytelling et en persuasion pour expliquer que le pouvoir d’un récit ne réside pas uniquement dans ce que l’auteur écrit, mais dans la manière dont les publics s’approprient l’histoire. Deux lecteurs peuvent recevoir la même œuvre avec des émotions ou des interprétations opposées. Une étude citée dans l’article, publiée en 2018, montre que le pouvoir d’un récit naît de cette rencontre entre le texte et son lecteur. L’IA rend cette idée concrète en permettant aux utilisateurs de prolonger, transformer ou réécrire des œuvres existantes. Par exemple, des fans peuvent demander à une IA de changer le point de vue d’un roman ou d’imaginer une fin alternative. Cela illustre comment l’IA accélère et diversifie les interprétations d’une œuvre.

Circulation du sens

L’article introduit le concept de culture participative, où le sens d’une œuvre circule entre plusieurs acteurs : créateurs, traducteurs, réalisateurs, fans et désormais intelligences artificielles. Umberto Eco, dans ses travaux, décrit comment chaque adaptation ou réinterprétation modifie légèrement l’œuvre originale. Par exemple, les traducteurs choisissent certains mots plutôt que d’autres, et les réalisateurs suppriment des scènes. L’IA ajoute un nouvel intermédiaire capable de produire des interprétations, mais elle ne partage ni l’histoire, ni les enjeux, ni les valeurs des communautés humaines. Elle reste un outil statistique, sans responsabilité morale ni intention artistique. Le sens d’une œuvre est donc toujours le résultat d’un processus collectif, même si l’IA en devient un acteur.

Ce que ça pourrait changer

L’utilisation d’œuvres protégées pour entraîner des modèles d’IA soulève des questions de droit d’auteur, mais les choix fondamentaux restent humains : pourquoi raconter cette histoire, dans quel contexte et avec quelles valeurs ? L’article souligne que l’IA ne tue pas l’auteur une seconde fois, mais révèle que les histoires ont toujours été des œuvres collectives, sans cesse réinterprétées. L’IA peut accélérer ce processus en produisant rapidement des interprétations ou des prolongements, mais elle ne devient pas pour autant un membre à part entière des communautés créatives. Elle agit comme un *superlecteur* capable d’assimiler toutes les versions possibles d’une œuvre, sans en partager l’histoire ou les enjeux. Ainsi, l’auteur n’a peut-être jamais été le seul créateur, mais son rôle évolue avec l’émergence de nouveaux acteurs comme l’IA.

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Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.