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Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Next.ink · mis à jour il y a 11 j

Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.

Le phubbing, un phénomène répandu

Le phubbing (contraction de phone et snubbing, ou « télésnobage » en français) désigne le fait d’ignorer une personne présente physiquement pour se concentrer sur son smartphone. Ce comportement est devenu courant dans les relations sociales, y compris au sein des familles. Une étude récente, publiée en 2026 par des chercheurs du Newport Healthcare à Nashville, s’intéresse à son impact sur les adolescents. Selon une revue systématique citée, ce phénomène est largement dénoncé, mais peu d’études analysent spécifiquement son effet sur les relations parents-enfants. Pourtant, 70 % des adolescents interrogés estiment que l’utilisation du smartphone par leur parent a un impact négatif, au moins partiel, sur leur relation avec lui. Cette pratique, bien que souvent perçue comme anodine, soulève des questions sur la qualité des interactions familiales et le sentiment de disponibilité affective des parents.

L'échelle DAIS et ses résultats

Pour mesurer l’impact du smartphone sur la relation d’attachement entre parents et enfants, les chercheurs ont développé un outil appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS). Cet outil évalue la fréquence à laquelle les adolescents perçoivent leur parent comme distrait par son téléphone dans des situations où son attention devrait être portée sur eux. L’étude a interrogé 575 adolescents âgés de 12 à 17 ans, principalement recrutés via la plateforme Qualtrics. Parmi eux, 450 ont désigné une figure maternelle (mère, belle-mère ou grand-mère) comme parent principal, et 125 une figure paternelle. Les résultats révèlent que 67 % des adolescents sont au moins partiellement d’accord avec l’affirmation selon laquelle leur parent passe trop de temps sur son appareil au lieu de faire autre chose. L’échelle DAIS permet ainsi de quantifier ce phénomène et d’en analyser les effets sur le lien affectif.

Attachement anxieux et évitant

L’étude a mis en évidence une corrélation entre des scores élevés à l’échelle DAIS et un attachement plus précaire des adolescents envers leurs parents. Plus précisément, les chercheurs ont observé une tendance à l’association entre une utilisation fréquente du smartphone par le parent et un attachement de type anxieux ou évitant chez l’adolescent. Un attachement anxieux se caractérise par une peur de l’abandon ou un besoin constant de validation, tandis qu’un attachement évitant se manifeste par une tendance à éviter les interactions émotionnelles. Les chercheurs précisent que leurs résultats sont des corrélations et non des preuves de causalité. Ils soulignent également que leur échantillon, bien que significatif, ne permet pas encore de tirer des conclusions définitives. Cette étude ouvre nonetheless la voie à une réflexion sur l’impact durable de ces comportements sur le développement émotionnel des adolescents.

Les limites de l'étude

L’étude présente plusieurs limites qu’il est important de souligner. Tout d’abord, elle se concentre uniquement sur la perception d’un seul parent, souvent la mère, alors que la responsabilité parentale est partagée entre plusieurs figures. Cela peut biaiser les résultats en sous-estimant l’impact du père ou d’autres adultes impliqués dans la vie de l’adolescent. Ensuite, les chercheurs reconnaissent que leur échantillon de 575 participants, bien que représentatif, n’est pas suffisant pour généraliser leurs conclusions. Enfin, l’étude ne permet pas d’établir un lien de causalité direct entre l’utilisation du smartphone et l’insécurité affective. Elle suggère simplement une association entre ces deux phénomènes, qui pourrait être influencée par d’autres facteurs non mesurés, comme la santé mentale des parents ou la dynamique familiale globale.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces limites, les chercheurs insistent sur le fait que l’utilisation du smartphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle direct. Ils soulignent que des moments répétés de partage d’attention pourraient renforcer le sentiment de disponibilité affective de l’enfant. Dans leur communiqué, ils rappellent que des facteurs comme la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale sont plus difficiles à modifier, mais que la réduction du *phubbing* est un levier accessible. Ils encouragent ainsi les parents à prendre conscience de l’impact de leurs habitudes numériques sur leurs enfants, même si ces moments de distraction peuvent sembler anodins. L’objectif n’est pas de diaboliser les smartphones, mais de rappeler l’importance des interactions présentielles dans la construction d’un lien affectif sécurisant.

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