L’architecture mklinux fait tourner des noyaux Linux en parallèle sans virtualisation
Vous avez toujours rêvé de vous passer de la virtualisation pour faire tourner des services complètement différents en parallèle sur une même machine ? C’est ce que propose mklinux en permettant de faire tourner des noyaux Linux en parallèle. Le responsable de l’entreprise Multikernel Technologies, Cong Wang, a annoncé, la semaine dernière sur la mailing […].
Le 1er septembre 2026, Cong Wang, responsable de l’entreprise Multikernel Technologies, a annoncé sur la mailing list du noyau Linux la sortie de la version 7.0-mk2 de son projet mklinux (disponible sur [GitHub](https://github.com/multikernel/linux)). Ce projet permet d’exécuter plusieurs noyaux Linux simultanément sur un même ordinateur, sans recourir à un hyperviseur ni à la virtualisation. Contrairement aux machines virtuelles classiques, chaque noyau gère directement une partie du matériel, comme le processeur, la mémoire ou les périphériques, sans émulation ni interception. La version 7.0-mk2 est basée sur la version 7.0 du noyau Linux et se compile de manière identique, sauf si l’option CONFIG_MULTIKERNEL est désactivée.
Le projet mklinux repose sur un premier noyau Linux qui divise les ressources matérielles (processeurs, mémoire, périphériques) en instances. Chaque instance démarre ensuite un noyau dérivé via la fonction kexec_file_load(). Ces noyaux dérivés s’exécutent en mode natif, c’est-à-dire qu’ils utilisent directement les ressources qui leur sont attribuées, sans partage forcé. Seules les ressources explicitement choisies (comme un périphérique ou une partie de la mémoire) peuvent être partagées entre les noyaux. Cette architecture évite les surcharges liées à un hyperviseur, comme les chemins de sortie des machines virtuelles ou les tables des pages de second niveau, tout en garantissant une isolation totale entre les noyaux.
L’architecture mklinux vise à offrir une isolation renforcée entre les noyaux, avec des performances proches d’un système bare-metal (sans couche logicielle intermédiaire). Contrairement aux machines virtuelles, un kernel panic ou une faille de sécurité dans un noyau n’affecte pas les autres. Les tests menés par Cong Wang confirment que les instances peuvent être lancées, arrêtées ou reconfigurées sans impact sur les autres systèmes. En termes de performances, mklinux est jusqu’à 2,5 fois plus rapide qu’une machine virtuelle KVM pour certaines opérations comme le changement de contexte, avec une bande passante mémoire et une latence équivalentes. Les gains varient de 1,07 à 2,5 fois selon les opérations.
Multikernel Technologies cible principalement les entreprises avec des solutions comme la mise en place de *clouds privés sans hyperviseur*, le *sandboxing* (isolation sécurisée) d’agents d’intelligence artificielle, ou encore la mise à jour du noyau Linux sans redémarrer la machine. Le projet fonctionne actuellement sur architecture *x86_64*, mais l’entreprise annonce déjà des solutions pour les architectures *ARM* et *RISC-V*. L’objectif est de fournir une alternative aux machines virtuelles, en réduisant les coûts et la complexité liés à l’hypervision, tout en améliorant la sécurité et les performances.

