Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective
L’omniprésence des smartphones dans les interactions familiales transforme les dynamiques parent-enfant, au point de fragiliser le lien d’attachement. Une étude récente révèle que 70 % des adolescents perçoivent l’usage compulsif des écrans par leurs parents comme un rejet affectif, avec des répercussions potentielles sur leur sécurité émotionnelle. Derrière ce constat se cache une remise en question plus large : jusqu’où l’automatisation des relations numériques mine-t-elle la disponibilité affective des figures parentales ?
Qu’est-ce que le phubbing et comment se manifeste-t-il dans les familles ?
Le phubbing (contraction de phone et snubbing) désigne le fait d’ignorer une personne présente en privilégiant son smartphone, un comportement qui altère la qualité des interactions. Dans les familles, il se traduit par des parents absorbés par leurs écrans au détriment de moments d’échange ou d’attention partagée avec leurs enfants, générant un sentiment de délaissement chez ces derniers.
Quels outils ont été utilisés pour mesurer l’impact des smartphones sur le lien parent-enfant ?
Les chercheurs ont développé le Device Attachment Interference Scale (DAIS), un questionnaire évaluant la fréquence à laquelle les enfants perçoivent les interférences des smartphones dans leur relation avec leurs parents. Cet outil a permis de corréler des scores élevés à un attachement plus précaire, bien que les résultats restent des corrélations et non des preuves de causalité.
Quels sont les profils parentaux les plus concernés par ce phénomène selon l’étude ?
L’étude se concentre principalement sur la figure parentale principale, majoritairement maternelle (450 cas sur 575), bien que 125 enfants aient évoqué une figure paternelle. Les chercheurs soulignent cependant que l’impact des autres adultes impliqués dans l’éducation de l’enfant n’a pas été analysé, laissant une zone d’ombre sur leur rôle dans ce phénomène.
Pourquoi les chercheurs estiment-ils que ce problème est partiellement soluble, contrairement à d’autres facteurs d’insécurité affective ?
Contrairement à des facteurs comme la séparation des parents ou des troubles mentaux, l’usage du smartphone relève d’un choix parental sur lequel il est possible d’agir. Les chercheurs suggèrent que des ajustements dans la gestion des écrans pourraient restaurer un sentiment de disponibilité affective, même si les effets à long terme restent à préciser.
Ce que ça pourrait changer
Cette étude invite à repenser les règles d’usage des écrans au sein des foyers, non seulement pour préserver la qualité des relations familiales, mais aussi pour anticiper les répercussions psychologiques chez les adolescents. Elle pose la question de l’équilibre entre connectivité numérique et présence humaine, un enjeu d’autant plus crucial que les générations futures grandissent dans un environnement où l’attention partagée devient un luxe.

