Des toxines produites par des moisissures sont présentes dans tous les produits végétaux testés au Royaume-Uni (voici ce que cela signifie)
En décembre 2025, Raquel Torrijos et son équipe, rattachées aux universités de Parme ainsi qu’à Cranfield, ont examiné pour Food Control plusieurs centaines d’aliments d’origine végétale vendus dans différents supermarchés du Royaume-Uni..
Une étude récente menée au Royaume-Uni a révélé que des toxines produites par des moisissures, appelées mycotoxines, sont présentes dans tous les produits végétaux testés. Ces substances sont naturellement sécrétées par certains champignons microscopiques, comme les moisissures, qui se développent sur les aliments. Les chercheurs ont analysé un large éventail de denrées, incluant des céréales, des fruits, des légumes et des noix, sans exception. Les mycotoxines sont des composés chimiques stables, résistants à la cuisson ou à la transformation des aliments, ce qui les rend particulièrement difficiles à éliminer. Leur présence généralisée s'explique par leur capacité à contaminer les cultures dès le champ, avant même la récolte, en raison de conditions climatiques favorables (humidité, chaleur) ou de mauvaises pratiques de stockage. Cette découverte soulève des questions sur la sécurité alimentaire et les méthodes de contrôle actuelles.
Les mycotoxines sont connues pour leurs effets toxiques sur la santé humaine, même à faible dose. Certaines, comme les aflatoxines ou les ochratoxines, sont classées comme cancérigènes par des organisations internationales comme le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). D'autres peuvent provoquer des troubles neurologiques, des problèmes rénaux ou des désordres immunitaires. Les populations les plus vulnérables incluent les enfants, les personnes immunodéprimées et les travailleurs exposés professionnellement. Au Royaume-Uni, les autorités sanitaires estiment que l'exposition chronique à ces toxines pourrait contribuer à long terme à des maladies chroniques. Cependant, les niveaux détectés dans l'étude restent généralement inférieurs aux seuils réglementaires fixés par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), mais leur accumulation dans l'organisme sur plusieurs années suscite des inquiétudes.
Les moisissures responsables de ces toxines se développent principalement en raison de conditions environnementales défavorables. Par exemple, des récoltes exposées à des pluies prolongées avant la moisson ou stockées dans des entrepôts mal ventilés favorisent leur prolifération. Le changement climatique aggrave cette situation, avec des étés plus humides et chauds, propices à la croissance fongique. Les pratiques agricoles intensives, comme l'utilisation excessive d'engrais azotés, peuvent aussi affaiblir les plantes et les rendre plus sensibles aux infections. Au Royaume-Uni, les chercheurs pointent du doigt un manque de surveillance systématique dans certaines filières, notamment pour les petits producteurs ou les circuits courts, où les contrôles sont moins stricts que dans l'industrie agroalimentaire.
Face à ce constat, les experts recommandent plusieurs mesures pour limiter l'exposition aux *mycotoxines*. D'abord, améliorer les pratiques agricoles, comme le séchage rapide des céréales après récolte ou l'utilisation de variétés de plantes plus résistantes aux moisissures. Ensuite, renforcer les contrôles sanitaires tout au long de la chaîne alimentaire, depuis le champ jusqu'à l'assiette. L'*Union européenne* impose déjà des limites maximales pour certaines *mycotoxines* dans les aliments, mais ces seuils pourraient être revus à la baisse pour les populations à risque. Enfin, sensibiliser les consommateurs à l'importance d'une alimentation variée et à la conservation correcte des denrées (éviter l'humidité, conserver au frais) peut réduire les risques. Les autorités britanniques étudient actuellement des propositions pour renforcer la réglementation sur ce sujet.

