Pourquoi les archéologues ne trouvent-ils presque aucun casque viking et où sont les cornes ? Une experte d'Oslo répond
L’archéologie scandinave ne compte qu’un seul casque viking presque entier. Une archéologue d’Oslo propose deux pistes, des couvre-chefs périssables ou l’idée que les guerriers se battaient généralement tête nue..
Les archéologues découvrent très peu de casques vikings, contrairement à l'image populaire qui en fait un symbole de leur culture. Selon l'archéologue Anne Stine Ingstad (Université d'Oslo), cela s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, les casques vikings étaient souvent fabriqués en matériaux périssables comme le cuir ou le bois, qui se dégradent avec le temps, contrairement aux métaux. Ensuite, les Vikings enterraient rarement leurs morts avec des objets personnels, préférant des offrandes symboliques. Enfin, les casques en métal, lorsqu'ils existaient, étaient probablement réutilisés ou fondus après leur usage, en raison de la valeur du métal. Les rares casques découverts, comme celui de Gjermundbu (Norvège, trouvé en 1943), sont donc des exceptions.
L'image des Vikings portant des casques à cornes est une invention moderne, popularisée au XIXe siècle par des artistes comme Wagner dans ses opéras. Aucune preuve archéologique ne confirme cette pratique. Les Vikings eux-mêmes n'ont jamais représenté des casques à cornes dans leur art ou leurs récits. Les cornes pourraient provenir d'une confusion avec des casques de cérémonie ou des coiffes rituelles, mais aucune trace de cornes fixées à un casque n'a été retrouvée. Les spécialistes soulignent que les casques vikings étaient avant tout des protections fonctionnelles, conçues pour résister aux chocs lors des combats.
Les casques vikings découverts sont majoritairement en fer, un matériau plus résistant que le cuir ou le bois, mais aussi plus rare et coûteux. Leur fabrication nécessitait des compétences en métallurgie avancée, comme le montre l'exemple du casque de Gjermundbu, composé de plusieurs plaques de fer rivetées. Les Vikings utilisaient des techniques de forgeage similaires à celles des autres peuples européens de l'époque. Cependant, ces casques étaient souvent réservés aux guerriers les plus aisés ou aux chefs, en raison de leur coût. Les fouilles archéologiques ont révélé que la plupart des guerriers vikings portaient des protections moins élaborées, comme des cottes de mailles ou des boucliers en bois.
Les Vikings, actifs entre le VIIIe et le XIe siècle, étaient avant tout des navigateurs, des marchands et des agriculteurs. Leur réputation de guerriers féroces a été amplifiée par les récits de leurs victimes, comme les moines européens, qui les décrivaient comme des pillards. En réalité, les conflits armés n'étaient qu'une partie de leur activité. Les casques, lorsqu'ils étaient utilisés, servaient surtout lors des batailles ou des raids, mais leur rareté archéologique suggère qu'ils n'étaient pas un équipement courant. Les Vikings privilégiaient des armes comme les haches, les épées ou les arcs, plus faciles à transporter et à entretenir que des casques encombrants.
Les découvertes archéologiques de casques vikings restent exceptionnelles. En Norvège, seulement une dizaine de casques complets ou partiels ont été retrouvés, sur des milliers de sites fouillés. La plupart datent des IXe et Xe siècles et proviennent de tombes ou de dépôts rituels. Les techniques modernes, comme la datation au carbone 14 ou les analyses métallurgiques, permettent aujourd'hui de dater et de comprendre la fabrication de ces artefacts. Cependant, leur état de conservation est souvent médiocre, en raison de l'oxydation du fer ou de la dégradation des matériaux organiques. Les musées norvégiens, comme celui d'Oslo, conservent ces pièces rares pour étudier l'histoire des Vikings.

