Clim, fossiles et agro-industrie : l'écologie selon Marine Le Pen
Elle veut climatiser le pays et démonter les éoliennes, soutient les énergies fossiles, est muette sur les ravages de l'agriculture productiviste... Anti-écologiste, Marine Le Pen défend la fuite en avant vers un monde inhabitable.
Marine Le Pen a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 lors du journal télévisé de TF1 le 8 juillet 2026, quelques heures après avoir été condamnée en appel à trois ans de prison (dont un an ferme sous bracelet électronique), une amende de 100 000 € et quinze mois d’inéligibilité effective. Cette peine, déjà partiellement exécutée, lui permet de se présenter en 2027. Elle a fait appel pour tenter d’échapper au bracelet électronique. Jordan Bardella, initialement pressenti pour être son Premier ministre en cas de victoire, n’est plus mentionné comme candidat à ce poste. La campagne de Marine Le Pen ne mettra pas l’écologie au cœur de ses priorités.
Marine Le Pen défend une écologie nationale, présentée comme une approche locale visant à relocaliser la production, consommer local et protéger les frontières. Cette vision, qualifiée de nationaliste par des experts comme Bruno Villalba, est dépourvue de propositions concrètes, chiffrées ou structurantes. Son objectif principal est de s’opposer à ce qu’elle appelle l’écologie punitive, sans jamais détailler de mesures alternatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou protéger l’environnement. Cette approche sert avant tout à promouvoir un projet identitaire plutôt qu’à répondre aux enjeux climatiques.
Marine Le Pen a proposé en juin 2025 un plan clim pour aider les écoles, Ehpad et hôpitaux à faire face aux canicules, mais ce plan reste flou et jamais détaillé ni chiffré. Aucun député du Rassemblement national n’a pu fournir de précisions sur son contenu. Ce plan vise à critiquer l’impréparation du gouvernement face aux vagues de chaleur, alors que Marine Le Pen s’était opposée en 2022 à une transition écologique trop rapide. Elle rejette notamment le Fonds vert, un dispositif destiné à financer des projets comme la rénovation énergétique des écoles, car il exclut explicitement la climatisation.
Marine Le Pen mise sur le nucléaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, promettant en 2022 la construction de vingt nouveaux réacteurs, dont dix dès 2031. Ce scénario est jugé irréaliste même par les partisans de l’atome. Concernant les énergies renouvelables, elle propose de suspendre la construction d’éoliennes et de démonter les éoliennes existantes, arguant qu’elles défigurent les paysages. Elle souhaite aussi un moratoire sur le solaire. Pourtant, le Réseau de transport d’électricité (RTE) estime que la neutralité carbone ne peut être atteinte sans les énergies renouvelables. Ces positions s’opposent aux recommandations scientifiques et aux objectifs climatiques de la France.
Marine Le Pen défend le maintien de l’usage des énergies fossiles, proposant en 2022 de revenir sur l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en mer. Elle souhaite aussi abaisser la TVA sur le gaz, le fioul et le carburant, qu’elle considère comme des biens de première nécessité. Fin juin 2026, elle a réitéré cette position sur France Culture, affirmant que l’État devait réduire les taxes sur ces énergies pour protéger le pouvoir d’achat. Ces propositions vont à l’encontre des efforts internationaux pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et lutter contre le changement climatique.
Marine Le Pen soutient l’agriculture intensive et a voté en faveur de la loi Duplomb, adoptée le 8 juillet 2026, qui réintroduit un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes. Initialement, elle avait refusé de soutenir une pétition exigeant un débat parlementaire sur cette loi, craignant que cela ne donne l’impression que la santé des Français était menacée. Plus récemment, elle a voté pour la loi d’urgence agricole, critiquée pour ses effets négatifs sur la biodiversité. Elle reste silencieuse sur la régulation de l’élevage industriel et de la pêche intensive, malgré son affection déclarée pour les animaux.
Marine Le Pen souhaite accorder une reconnaissance constitutionnelle au statut juridique des animaux et renforcer les peines pour les infractions commises contre eux. Cependant, elle ne propose aucune mesure pour réguler la chasse, l’élevage industriel ou la pêche intensive. En revanche, elle fait de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement une priorité, une pratique liée aux cultes musulmans et juifs. Cette position illustre une approche sélective de la protection du vivant, où l’écologie semble servir avant tout un projet identitaire et nationaliste plutôt qu’une volonté globale de préservation de l’environnement.
Marine Le Pen et ses députés ont voté contre plusieurs lois visant à protéger la santé et l’environnement. Ils se sont opposés à la loi interdisant les *PFAS* (des *polluants éternels* dangereux pour la santé), à celle réduisant progressivement la teneur en cadmium dans les aliments, et à celle financant la recherche sur les cancers pédiatriques. Ces votes montrent une absence de volonté politique pour lutter contre des substances toxiques, malgré leurs impacts avérés sur la santé publique. Le Rassemblement national a systématiquement rejeté ces mesures, préférant se concentrer sur des enjeux identitaires.

