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Environnement

Isolation, volets

Vert.eco · mis à jour il y a 11 j

En France, un logement sur trois se transforme en «bouilloire» dès que le thermomètre s'affole. Pour faire face, les locataires ont des leviers concrets afin d’obtenir des travaux de leur propriétaire… même s’il faut souvent s’armer de patience.

Logements bouilloires en France

En France, un logement sur trois devient une «bouilloire thermique» lors des canicules, avec des températures moyennes de 30°C en journée et 28°C la nuit. Ces logements, équivalents estivaux des passoires thermiques hivernales, ne retiennent ni la fraîcheur ni la chaleur selon les saisons. Un rapport de juin 2025 de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé-Pierre) souligne cette inadaptation croissante, aggravée par les épisodes caniculaires de plus en plus fréquents. Les causes incluent une isolation défaillante, l’absence de protections solaires comme les volets, ou un manque de ventilation nocturne. Ces conditions posent des problèmes de santé publique, notamment pour les populations vulnérables.

Règles sanitaires et décence

Un logement trop chaud ne respecte pas les règles sanitaires d’hygiène et de salubrité (RSHS), définies par le décret du 29 juillet 2023 du Code de la santé publique. Ce texte impose que le logement dispose d’un système de régulation de la chaleur fonctionnel, comme une isolation thermique, des volets, une ventilation nocturne ou leur combinaison. Cependant, la chaleur extrême n’est pas explicitement citée parmi les motifs d’insalubrité ou de non-décence d’un logement, sauf à Lyon depuis le 15 juillet 2026. Les critères de décence incluent aussi la performance énergétique : depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au diagnostic de performance énergétique (DPE), avec une consommation supérieure à 450 kWh/m²/an, ne peut plus être loué, sauf exceptions.

Démarches pour volets ou ventilateurs

Pour obtenir l’installation de volets, stores ou ventilateurs de plafond, le locataire doit d’abord envoyer une demande écrite détaillée à son propriétaire, en expliquant le problème et en formulant des demandes précises. Le propriétaire dispose de deux mois pour répondre. En cas de refus ou d’absence de réponse, le locataire peut saisir sa mairie ou le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), qui peut organiser une visite du logement. Si les travaux sont jugés nécessaires, une mise en demeure est envoyée au propriétaire, avec un délai pour agir. Un refus persistant expose le propriétaire à une amende de 750 € par logement concerné. Des associations comme Locataires ensemble fournissent des modèles de lettres pour faciliter cette démarche.

Obstacles et solutions

L’installation de volets peut être refusée par les architectes des bâtiments de France (ABF) dans les zones protégées pour préserver le patrimoine. Selon un rapport sénatorial de 2024, près d’un tiers des logements français sont soumis à leur avis. Un projet de loi sur le logement, voté en première lecture au Sénat le 8 juillet 2026, pourrait assouplir ces règles en rendant l’avis des ABF simplement consultatif pour les protections solaires. Par ailleurs, des locataires lyonnais soutenus par Locataires ensemble ont obtenu en juin 2026 un million d’euros de leur bailleur, la Compagnie foncière lyonnaise (CFL), pour installer des protections solaires et des ventilateurs de plafond dans plusieurs immeubles.

Travaux de rénovation énergétique

Si le logement est classé G au DPE ou ne respecte pas les critères de décence, le locataire peut exiger des travaux de rénovation énergétique. Il doit d’abord envoyer un courrier au propriétaire, qui dispose de deux mois pour répondre. En cas de refus ou d’absence de réponse, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation. Si les démarches à l’amiable échouent, il peut saisir le tribunal judiciaire pour contraindre le propriétaire à réaliser les travaux, obtenir des dommages et intérêts ou une réduction de loyer. Des structures comme les Adil (agences départementales pour l’information sur le logement) ou la plateforme Signal logement peuvent accompagner le locataire dans ces démarches.

Ce que ça pourrait changer

Un locataire ne peut pas effectuer de travaux d’ampleur sans l’accord du propriétaire, sauf exceptions. Un décret de 2022, issu de la loi Climat et résilience, autorise certains chantiers de rénovation énergétique si le propriétaire ne répond pas dans les deux mois à une demande écrite. Les travaux concernés incluent l’isolation des planchers bas, des combles ou des plafonds, le remplacement des menuiseries extérieures, l’installation de protections solaires, de systèmes de ventilation ou de chauffage. Le locataire peut demander une déduction du loyer pour ces travaux, mais le propriétaire peut refuser. Il est interdit de cesser de payer son loyer en l’absence de travaux, sauf décision de justice.

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