La Vérif : les salaires de la fonction publique aussi « compétitifs » que dit Fréchette?
Christine Fréchette estime que les salaires de la fonction publique rivalisent avec la concurrence..
Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), affirme que les salaires de la fonction publique québécoise sont compétitifs et attractifs pour retenir les talents. Cette déclaration intervient trois ans après des négociations tendues avec les employés de l'État. Elle suggère que les rémunérations dans le secteur public québécois rivalisent avec celles du marché privé, justifiant ainsi leur niveau. Cependant, cette affirmation nécessite une vérification approfondie pour en évaluer la véracité et la précision.
Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les employés de la fonction publique provinciale accusent un retard salarial de 12 % par rapport aux autres salariés québécois. Cette comparaison porte sur 74 emplois répartis en cinq catégories : professionnels, techniques, de bureau, de service et ouvriers. Par exemple, les ouvriers de l'État gagnent 29 % de moins que leurs homologues du secteur privé et public confondus. Ce retard salarial concerne environ un tiers des fonctionnaires québécois.
L'étude de l'ISQ ne se limite pas au salaire de base : elle intègre aussi les avantages sociaux, les retraites et les heures travaillées pour calculer la rémunération globale. Dans ce cadre, les employés de l'État québécois affichent une rémunération globale inférieure de 3,2 % à celle des autres travailleurs de la province. Cette différence est moins marquée que pour le salaire seul, mais elle reste significative. La semaine de travail moyenne dans le public est de 35,8 heures, soit une heure et demie de moins que dans le privé.
En comparant les salaires du public et du privé, l'ISQ révèle que les fonctionnaires québécois gagnent 8,6 % de moins que leurs homologues du secteur privé. Cependant, lorsque les avantages sociaux sont pris en compte, la rémunération globale des employés de l'État devient 4,5 % plus élevée que celle des travailleurs du privé. Cela s'explique par des avantages comme des retraites plus avantageuses ou des congés supplémentaires, qui compensent partiellement le salaire de base inférieur.
Les fonctionnaires québécois sont moins bien rémunérés que ceux des autres administrations publiques. Par exemple, leur rémunération globale est inférieure de 28 % à celle des employés municipaux et de plus de 13 % à celle des fonctionnaires fédéraux. Ces écarts incluent la majoration de 2,6 % prévue dans les conventions collectives 2023-2028. Ces différences montrent que, malgré les avantages sociaux, la fonction publique québécoise reste moins attractive que d'autres secteurs publics en termes de rémunération globale.

