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Pourquoi la probabilité d’une hausse des taux de la Banque du Canada dès octobre a bondi

Le Devoir · mis à jour il y a 2 j

Les craintes que l’inflation perdure laissent croire qu’un cycle de resserrement monétaire est proche..

Marchés anticipent hausse

Les acteurs financiers (banques, investisseurs, etc.) parient de plus en plus sur une hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada dès octobre 2026. Jusqu’ici, la banque centrale maintenait son taux directeur à 2,25 % depuis près d’un an, sans changement. Avant la réunion du 2 septembre 2026, les marchés tablaient à 94 % sur un statu quo. Aujourd’hui, la probabilité d’une hausse en octobre est considérée comme un tirage au sort, avec une légère tendance favorable. Cette anticipation s’explique par la crainte d’une inflation plus persistante que prévu, notamment à cause de la hausse des prix de l’énergie, liée à la guerre en Iran. La Réserve fédérale américaine (Fed) a déjà relevé ses taux en septembre 2026 pour contrer l’inflation, ce qui influence les décisions de la Banque du Canada.

Inflation et énergie

L’inflation, c’est-à-dire la hausse généralisée et durable des prix, reste la principale préoccupation des économistes. Les prix élevés de l’énergie, notamment du pétrole, alimentent cette inflation. La Banque du Canada s’inquiète de voir ces prix rester élevés plus longtemps, ce qui pourrait alimenter l’inflation au-delà des stations-service. Lors de sa réunion du 2 septembre 2026, la banque a souligné ce risque dans son résumé des délibérations. Claire Fan, économiste à la Banque Royale du Canada, indique que les marchés financiers intègrent cette crainte : les cotes (probabilités calculées par les marchés) en faveur d’une hausse des taux ont augmenté après la publication de données montrant une inflation persistante aux États-Unis. Les prix du pétrole sont donc un facteur clé pour la décision d’octobre.

Rendements obligataires

Les rendements obligataires sont le taux de rendement que rapportent les obligations d’État (comme celles du Canada ou des États-Unis) à ceux qui les achètent. Quand les marchés anticipent une hausse des taux, ces rendements augmentent, car les investisseurs exigent un meilleur retour pour compenser le risque de perte de valeur de leur placement. La Banque du Canada observe ces rendements, car ils reflètent les anticipations des marchés sur sa politique monétaire. Randall Bartlett, économiste chez Desjardins, explique que des rendements obligataires plus élevés rendent l’emprunt plus coûteux pour les ménages (prêts hypothécaires, crédits). Cela peut réduire la pression sur la banque centrale pour relever ses taux, car une partie du resserrement monétaire (politique visant à limiter l’inflation) est déjà en cours via les marchés.

Perspectives 2027

Malgré les spéculations sur une hausse en octobre 2026, la plupart des économistes s’attendent à ce que la Banque du Canada attende 2027 pour agir. Randall Bartlett (Desjardins) et Claire Fan (Banque Royale du Canada) estiment que la banque pourrait maintenir ses taux jusqu’à la fin 2026 avant d’envisager une hausse au premier trimestre 2027. Cette prudence s’explique par deux facteurs : d’une part, le risque d’une escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, qui pourrait freiner la croissance économique ; d’autre part, une croissance plus faible limite naturellement l’inflation, offrant à la banque une marge de manœuvre. Stephen Brown, économiste chez Capital Economics, souligne que la Banque du Canada révisera probablement à la hausse ses prévisions d’inflation lors de ses prochaines projections, publiées fin octobre 2026.

Ce que ça pourrait changer

Bien que les marchés anticipent une possible hausse en octobre 2026, Stephen Brown (Capital Economics) estime que la décision sera probablement *serrée*. La Banque du Canada attendra de nouvelles données sur l’inflation, le marché du travail et la croissance économique avant de trancher. Elle publiera aussi des enquêtes auprès des consommateurs et des entreprises, qui pourraient révéler une baisse de la confiance dans l’économie et une hausse des anticipations d’inflation à court terme. Selon Brown, le scénario le plus probable reste un maintien des taux en octobre, mais la décision dépendra des chiffres à venir. La banque centrale pourrait aussi ajuster ses prévisions d’inflation pour refléter la hausse des prix du pétrole, un élément clé pour son évaluation.

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