Poilievre affirme que le Canada ne deviendra jamais un membre de l’Union européenne
Mark Carney cherche à renforcer les liens entre le Canada et l’Europe..
Le chef du Parti conservateur canadien, Pierre Poilievre, a déclaré lors d’un rassemblement à Brantford, en Ontario, que le Canada « ne deviendra jamais le 28e État membre de l’Union européenne ». Cette affirmation intervient alors que le premier ministre Mark Carney cherche à renforcer les liens entre le Canada et l’Europe. Poilievre s’appuie sur le fait que le Canada dispose déjà d’un accord de libre-échange avec l’Europe, l’Accord économique et commercial global (AECG), signé en 2016 et entré en vigueur en 2017. Il souligne également les liens étroits du Canada avec l’Europe via l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), une alliance militaire fondée en 1949 pour assurer la sécurité collective des pays membres.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé le souhait que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’Union européenne. Ce statut, distinct de celui de membre à part entière, permettrait au Canada de participer à certains programmes et politiques européens sans avoir à adopter toutes les règles de l’UE, comme la libre circulation des personnes ou l’harmonisation des lois. Ce partenariat vise à approfondir la collaboration dans des domaines comme l’économie, l’éducation ou l’environnement. Mark Carney, premier ministre canadien, a salué cette proposition mais n’a pas précisé la forme exacte que prendrait ce partenariat, indiquant seulement que les députés débattraient du sujet à la Chambre des communes.
Pierre Poilievre s’oppose à l’idée d’intégrer certaines règles européennes au Canada, notamment en matière de fiscalité et de législation. Il craint que cela n’entraîne une augmentation des taxes ou une complexité administrative accrue pour les entreprises et les citoyens. De plus, il rejette ce qu’il qualifie d’« immigration imprudente à l’européenne », une référence aux politiques migratoires de certains pays européens, souvent critiquées pour leur manque de contrôle. Ces positions reflètent une vision souverainiste, privilégiant l’autonomie du Canada dans la gestion de ses lois et de ses frontières.
Le débat survient dans un contexte de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, où Mark Carney cherche à diversifier les partenariats économiques du pays. L’Europe représente un marché important pour le Canada, avec lequel il échange déjà pour environ 100 milliards de dollars canadiens par an (soit environ 68 milliards d’euros). Renforcer les liens avec l’UE pourrait offrir de nouvelles opportunités pour les entreprises canadiennes, notamment dans les secteurs des services financiers et de l’innovation. Cependant, les négociations pour un partenariat approfondi pourraient prendre plusieurs années, comme en témoignent les délais des accords commerciaux passés.
Mark Carney a indiqué vouloir renforcer les liens avec l’Europe, notamment en facilitant les opportunités pour les jeunes, comme des programmes d’échanges ou de stages. Il a également évoqué la possibilité d’un marché intégré des services financiers, ce qui permettrait une meilleure collaboration entre les institutions bancaires des deux continents. Les députés canadiens devront voter sur ce partenariat, mais aucune date précise n’a été annoncée pour ce vote. La proposition de von der Leyen reste donc à l’étude, tandis que Poilievre maintient son opposition à une intégration plus poussée du Canada dans les structures européennes.

