Brillante entrée en matière de Yannick Nézet-Séguin
L’Orchestre Métropolitain a réussi un fulgurant concert de début de saison, dimanche..
L’Orchestre Métropolitain (OM) a lancé sa saison 2026-2027 dimanche 20 septembre 2026 à la Maison symphonique de Montréal avec un concert intitulé Yannick dirige Les Planètes, dirigé par Yannick Nézet-Séguin. La salle était comble malgré des entraves routières. Le programme mêlait des œuvres de la compositrice anichinabée Barbara Assiginaak et du compositeur britannique William Walton, avant de culminer avec Les Planètes de Gustav Holst. Le concert a duré de 15h à 17h40, incluant un entracte, ce qui a suscité des remarques sur la durée globale.
Barbara Assiginaak, compositrice anichinabée, a présenté sa pièce Shpiming Nangokaa (« Haut dans le ciel, il y a beaucoup d’étoiles »), créée spécialement pour ce concert. Cette œuvre atmosphérique évoque la voûte céleste et les bruissements de la nature grâce à des alliances entre les bois, les cordes et un large pupitre de percussions. Assiginaak, dont les créations sont souvent défendues par l’OM, affine progressivement un style orchestral reconnaissable. Son langage musical, encore en développement, pourrait être mieux exploré lors de futurs programmes ou enregistrements dédiés.
L’altiste français Antoine Tamestit, invité d’honneur du concert, a interprété le Concerto pour alto de William Walton. Considéré comme l’un des meilleurs altistes au monde, Tamestit a offert une interprétation d’une maîtrise technique et expressive remarquable. Il a notamment joué une transcription de Flow, my tears de John Dowland (1596), accompagné à la harpe. Son interprétation du concerto de Walton a mis en lumière une mélancolie amère et poignante, reflétant l’histoire personnelle du compositeur, marqué par un amour non partagé pour Christabel McLaren. Tamestit a prolongé cette atmosphère avec une sonorité riche et des nuances infinies, des pianissimos impalpables aux forte charnus.
Les Planètes est une suite orchestrale composée par Gustav Holst entre 1914 et 1916, décrivant musicalement les caractéristiques attribuées aux planètes du système solaire. Yannick Nézet-Séguin a dirigé cette œuvre en insistant sur les qualités et les symboles associés à chaque astre. Par exemple, Saturne a été joué avec une densité sombre évoquant la vieillesse, tandis que Uranus a mis en valeur des virevoltes rythmées et un changement de baguettes du timbalier pour varier les textures sonores. Jupiter a été interprété de manière grandiose mais sans excès, et Neptune a exploité un chœur en coulisses pour créer un effet d’éloignement mystérieux, sans sacrifier la primauté des instruments sur scène.
Le concert a été salué pour son intensité et sa diversité, notamment grâce à l’interprétation de Tamestit et à la direction de Nézet-Séguin. Les percussions ont été particulièrement remarquées pour leur énergie, notamment dans *Mars*, qui évoque la guerre. Cependant, la durée totale du concert (2h40) a été jugée excessive, en partie à cause de discours redondants du conseil d’administration et de la direction générale. Une répartition plus équilibrée de ces interventions entre plusieurs concerts aurait pu améliorer l’expérience du public.

