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Environnement

Sortie des énergies fossiles : plus de 200 organisations interpellent la Commission européenne

Reporterre · mis à jour il y a 4 j

C'est une lettre avec beaucoup de signataires. Plus de 200 ONG (Greenpeace, WWF , Réseau Action Climat…) et industriels (Eurosolar, WindEurope…) ont adressé un courrier, le 24 août, à Ursula von der Leyen.

Appel de 200 organisations

Plus de 200 organisations, dont des associations environnementales, des syndicats et des collectifs citoyens, ont adressé une lettre ouverte à la Commission européenne pour exiger une sortie rapide des énergies fossiles. Parmi ces signataires figurent des groupes comme Greenpeace, WWF ou encore des fédérations syndicales comme la CFDT. Leur objectif est d’influencer les décisions politiques de l’UE en matière de transition énergétique. La lettre souligne l’urgence d’agir face à la crise climatique, alors que l’Europe reste encore dépendante du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour une grande partie de sa consommation énergétique. Ces énergies fossiles, issues de la décomposition de matières organiques sur des millions d’années, sont les principales responsables des émissions de gaz à effet de serre, comme le CO₂, qui réchauffent la planète.

Demande de législation stricte

Les organisations signataires demandent à la Commission européenne d’adopter une législation contraignante pour éliminer progressivement les énergies fossiles d’ici 2040 au plus tard. Elles proposent notamment d’interdire la construction de nouvelles centrales à charbon, à gaz ou à pétrole, ainsi que les subventions publiques accordées à ces industries. La Commission européenne, qui est l’organe exécutif de l’Union européenne (UE), a pour mission de proposer et de faire appliquer les lois au niveau continental. Actuellement, l’UE dépend encore à environ 75 % des énergies fossiles pour son approvisionnement énergétique, selon les données de 2022. Les signataires estiment que cette dépendance ralentit la transition vers des énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire, qui émettent beaucoup moins de CO₂.

Contexte politique européen

Cette interpellation intervient dans un contexte où l’Union européenne a déjà adopté des objectifs ambitieux pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. En 2021, elle s’est engagée à diminuer ses émissions de 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Cependant, les organisations signataires critiquent le manque de mesures concrètes pour y parvenir, notamment en raison des pressions exercées par certains États membres ou industries. Par exemple, des pays comme la Pologne ou l’Allemagne dépendent encore fortement du charbon, tandis que d’autres, comme la France, misent davantage sur le nucléaire. La Commission européenne, dirigée par la présidente Ursula von der Leyen, doit présenter d’ici 2024 un nouveau paquet législatif pour renforcer la transition énergétique.

Ce que ça pourrait changer

Les signataires mettent en avant les coûts économiques et sociaux des énergies fossiles, qui pèsent sur les budgets des États et des ménages. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les dépenses mondiales liées aux énergies fossiles ont atteint 1 300 milliards de dollars en 2022, un montant bien supérieur aux investissements dans les énergies renouvelables. De plus, la dépendance aux énergies fossiles expose les pays à des risques géopolitiques, comme les crises d’approvisionnement ou les fluctuations des prix. Les organisations soulignent aussi que la transition vers des énergies propres pourrait créer des millions d’emplois dans les secteurs des énergies vertes, tout en améliorant la santé publique en réduisant la pollution de l’air. En Europe, le charbon est responsable de 25 000 décès prématurés par an, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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