PISA 2025 et classements scolaires : nous posons-nous les bonnes questions ?
L’ESSENTIEL En France comme dans les autres pays de l’OCDE, le niveau des élèves décroche en maths et en lecture. La dernière enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, ou PISA, montre que cette baisse touche autant les élèves défavorisés que favorisés.
L’enquête PISA 2025, publiée le 8 septembre, révèle une baisse généralisée des performances scolaires dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), notamment en mathématiques et en lecture. Entre 2015 et 2025, les scores moyens ont chuté de 22 points en mathématiques et de 28 points en compréhension de l’écrit. En France, les résultats suivent cette tendance : 483 points en sciences (moyenne OCDE : 482), 456 en lecture (contre 461) et 458 en maths (contre 463). Depuis 2022, le pays a perdu 18 points en lecture et 16 en mathématiques. Ces chiffres montrent que la baisse touche aussi bien les élèves défavorisés que favorisés, remettant en cause l’idée d’un système éducatif résistant uniquement pour les plus aisés.
Les classements internationaux comme PISA attirent l’attention sur les performances des pays, mais ils masquent souvent une question plus fondamentale : que deviennent les élèves après des années passées à l’école ? Historiquement, l’éducation était mesurée par le nombre d’années de scolarité ou de diplômes obtenus. Aujourd’hui, avec une scolarisation quasi universelle, l’enjeu est de savoir ce que les élèves apprennent réellement et comment ces compétences se transforment en opportunités. Les auteurs de l’article soulignent que les classements ne doivent pas être une fin en soi, mais un outil pour comprendre les tendances à long terme et adapter les politiques éducatives.
Le rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan en France révèle que les inégalités scolaires ne concernent pas uniquement les élèves défavorisés. Elles touchent aussi les élèves favorisés et, dans certains domaines, les meilleurs élèves. La France, malgré une démocratisation de l’accès à l’éducation, peine à garantir une qualité d’apprentissage équitable. Les données montrent qu’entre 2000 et 2025, peu de pays ont amélioré durablement la qualité des apprentissages. En France, si les inégalités éducatives avaient été réduites depuis les années 1970, la croissance économique aurait pu être supérieure de 0,5 % par an.
La France dépense moins que la moyenne européenne dans le primaire et compte un nombre élevé d’élèves par enseignant. Pourtant, les ressources financières ne suffisent pas à expliquer les performances scolaires. L’enquête PISA 2025 montre que la pertinence des politiques éducatives et l’allocation des ressources ont un impact bien plus fort que le simple niveau de dépense par élève. Les auteurs de l’article insistent sur l’importance d’investir mieux, et non seulement plus, en transformant les moyens en capacités d’apprentissage. Cela implique une capacité collective à observer, expérimenter et corriger les politiques éducatives, car trop de réformes peuvent aussi nuire à leur efficacité.
L’intelligence artificielle (IA) transforme radicalement les apprentissages. Désormais, un élève peut obtenir en quelques secondes des traductions, des résumés ou des solutions à des exercices. Cette évolution remet en question l’importance de certaines connaissances fondamentales. PISA 2025 souligne que les compétences en lecture qui déclinent sont précisément celles nécessaires pour naviguer dans un environnement saturé d’informations : évaluer une source, confronter des données ou exercer son esprit critique. Pour le XXIᵉ siècle, le capital humain ne peut plus se résumer à un stock de connaissances, mais doit inclure une capacité à apprendre en permanence et à s’adapter.
Les tests comme *PISA* sont des outils utiles pour éclairer les décisions éducatives, mais ils ne doivent pas être confondus avec l’éducation elle-même. Aucun indicateur ne peut résumer tout ce qu’un enfant apprend en grandissant. Les données doivent servir à comprendre, non à classer. L’article rappelle que certaines trajectoires s’améliorent, comme au Royaume-Uni ou en Turquie en sciences. Enfin, il souligne que la question éducative ne doit pas se limiter à des comparaisons de dépenses ou de résultats, mais doit interroger la capacité des systèmes à transformer les connaissances en compétences et ces compétences en opportunités collectives.

