En Libye, deux attaques font vaciller le plan de réunification porté par Washington
L’envoyé spécial de Donald Trump dans la région, Massad Boulos, fait depuis plusieurs mois la navette entre les deux camps qui se partagent le pays, les clans Haftar et Dbeibah. Mais en deux jours, l’assassinat d’un fidèle du commandant Haftar et l’attaque d’une raffinerie de pétrole ont compromis la sérénité des négociations..
La Libye, pays d'Afrique du Nord riche en pétrole, est divisée depuis plus de dix ans en deux camps rivaux. D'un côté, le gouvernement dit de stabilité nationale basé à l'Est du pays, dirigé par le général Khalifa Haftar, un ancien militaire qui a tenté de prendre le pouvoir après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. De l'autre, le Gouvernement d'unité nationale installé à Tripoli, à l'Ouest. Ces deux entités s'affrontent régulièrement pour le contrôle du pays, plongeant la Libye dans une instabilité chronique. Depuis avril 2026, les États-Unis tentent de réunifier ces deux camps en organisant des négociations, avec l'aide de leur envoyé spécial, Massad Boulos. Leur objectif est de rétablir une autorité centrale unique et de stabiliser le pays, notamment pour sécuriser les ressources pétrolières dont dépend l'économie libyenne.
Le 10 août 2026, le général Fawzi Al-Mansouri, chef du renseignement militaire des forces de l'Est libyen et proche du général Haftar, a été tué dans l'explosion d'une voiture piégée à Benghazi, ville située dans la partie orientale du pays. Cet attentat marque un tournant violent dans les tensions entre les deux camps libyens. Le général Al-Mansouri était une figure clé des négociations de réunification, et son assassinat risque de fragiliser davantage les efforts américains pour apaiser les relations entre Haftar et le gouvernement de Tripoli. Benghazi, bastion de Haftar, est souvent le théâtre d'affrontements et d'attentats depuis la chute de Kadhafi.
Le 11 août 2026, la raffinerie de Zawiya, située à l'ouest de Tripoli et considérée comme la deuxième plus grande du pays, a été touchée par une attaque de drones. L'incendie qui en a résulté a endommagé les installations pétrolières, un secteur vital pour l'économie libyenne. Selon les médias Middle East Eye et Al-Jazeera, il s'agit de la troisième attaque de drones en deux jours dans la région. Ces frappes surviennent dans un contexte de tensions entre milices rivales à Zawiya, qui cherchent probablement à faire pression sur le Gouvernement d'unité nationale pour obtenir des avantages politiques ou économiques. La raffinerie de Zawiya est un symbole de la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques du pays.
Ces deux événements, bien que distincts, ont mis à rude épreuve le plan de réunification porté par les États-Unis. L'assassinat du général Al-Mansouri et l'attaque de la raffinerie de Zawiya sapent la confiance entre les parties en présence et compliquent les efforts de médiation de Massad Boulos. Les négociations, déjà fragiles, pourraient être reportées ou abandonnées si la violence persiste. Les États-Unis, qui ont multiplié les initiatives depuis avril 2026 pour stabiliser la Libye, voient leur crédibilité et leur influence diminuer face à cette escalade de la violence. La Libye reste donc un pays profondément divisé, où les intérêts locaux et les rivalités internationales entravent toute solution durable.

