L'Instant poésie de Séphora Pondi : "Mauvais sang", d'Arthur Rimbaud
Politique et poétique, ce poème d'Arthur Rimbaud résonne particulièrement pour Séphora Pondi, qui déclame ce texte dans le nouveau film de Judith Godrèche, "Mémoire de fille", adapté de Annie Ernaux en salles le 30 septembre..
Le poème Mauvais sang d’Arthur Rimbaud, publié en 1873 dans le recueil Une saison en enfer, est au cœur d’un projet artistique et politique. Arthur Rimbaud, poète français du XIXe siècle, y exprime une vision critique et revendicative à travers une voix narrative qui incarne la souffrance des opprimés. Le texte s’inspire notamment de Maryam l’abyssine, une amie éthiopienne de Rimbaud, dont la condition de dominée influence directement l’écriture. Rimbaud y développe une série de personnages et s’approprie leurs voix pour dénoncer les mécanismes d’exclusion et les enjeux politiques qui en découlent. Ce poème, bien que vieux de près de 150 ans, conserve une modernité frappante, selon Séphora Pondi, comédienne et écrivaine.
Séphora Pondi, pensionnaire de la Comédie-Française et autrice, a choisi de déclamer Mauvais sang dans le film Mémoire de fille, réalisé par Judith Godrèche et adapté du livre d’Annie Ernaux. Sorti en salles le 30 septembre, ce film met en scène une femme noire dans les années 1960, un contexte où les questions de race et d’identité sont particulièrement sensibles. Pour Séphora Pondi, ce poème devient un plaidoyer à la fois politique et poétique, lui permettant d’incarner une voix marginalisée et de souligner les luttes identitaires. Le texte est lu par Sonia Masson, offrant une immersion sonore adaptée à une écoute via casque pour une expérience plus intense.
Le poème Mauvais sang s’ouvre sur une phrase forte : « Il m’est bien évident que j’ai toujours été de race inférieure. » Cette déclaration radicale illustre le ton revendicatif de Rimbaud, qui s’identifie à une race dominée et exclue. Le texte mêle des références historiques, comme l’histoire de la France « fille aînée de l’Église », à des images symboliques de souffrance et de révolte, comme « Je suis assis, lépreux, sur les pots cassés et les orties ». Rimbaud y évoque aussi des voyages imaginaires, des visions de Byzance ou des nuits d’Allemagne, tout en décrivant une existence marquée par la marginalité. Le poème est extrait du recueil Une saison en enfer, publié en 1873 et disponible en édition de la Pléiade chez Gallimard.
Depuis septembre 2025, la collection de podcasts *L’Instant poésie* est adaptée en un livre de 300 pages aux Éditions Seghers. Ce livre reproduit les commentaires des passeurs, les poèmes sélectionnés ainsi que les illustrations créées par Annick Kamgang, autrice de bande dessinée. Ces visuels accompagnent les poèmes et sont diffusés sur le site et les réseaux sociaux de France Culture. Par ailleurs, le podcast propose une expérience immersive avec des prises de son adaptées à une écoute au casque, renforçant l’impact émotionnel des textes. Le projet vise à rendre la poésie accessible à un public large, en associant texte, image et son.

