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CULTURE

L'Instant poésie de Séphora Pondi : "Mauvais sang", d'Arthur Rimbaud, venger sa race

Source unique·24 sept.

Séphora Pondi, comédienne et pensionnaire de la Comédie-Française, s’empare du poème Mauvais sang d’Arthur Rimbaud dans le film Mémoire de fille de Judith Godrèche, adaptant Annie Ernaux. Son interprétation révèle une lecture politique et identitaire du texte, où la voix des dominés, inspirée par Rimbaud lui-même, devient un plaidoyer contemporain contre l’exclusion. Cette réappropriation interroge la puissance subversive de la poésie comme outil de résistance culturelle et historique.

Pourquoi Séphora Pondi choisit-elle de déclamer Mauvais sang dans Mémoire de fille ?

Elle y voit une opportunité de donner une dimension politique et identitaire au texte de Rimbaud, en l’incarnant à travers le personnage d’une femme noire des années 1960. Le poème, initialement inspiré par la condition de domination, résonne avec les luttes contemporaines contre les oppressions systémiques, offrant une lecture à la fois historique et actuelle.

Quel lien Rimbaud établit-il entre poésie et engagement politique dans Mauvais sang ?

Rimbaud s’approprie la voix des opprimés, comme Maryam l’Abyssine, pour dénoncer les mécanismes de domination. Le texte, écrit en 1873, développe une critique des hiérarchies raciales et sociales, où la révolte des dominés est à la fois une nécessité et une énigme pour le narrateur, qui se définit comme issu d’une « race inférieure ».

Quels éléments du poème illustrent sa modernité selon Séphora Pondi ?

L’absence d’antécédents glorieux pour le narrateur, son sentiment d’exclusion et sa description d’une identité fragmentée (« Je suis assis, lépreux, sur les pots cassés et les orties ») résonnent avec les expériences contemporaines des minorités. La dimension onirique et violente du texte, mêlant histoire personnelle et collective, en fait un outil de réappropriation culturelle.

Ce que ça pourrait changer

Cette réinterprétation de Mauvais sang pourrait renforcer l’usage de la poésie comme arme politique, notamment dans les débats sur la représentation des minorités. Elle invite aussi à reconsidérer le canon littéraire français à l’aune des luttes identitaires, tout en soulignant le risque d’une récupération esthétisante des textes engagés, vidés de leur contexte historique.

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