À peine nommé, le nouveau ministre de la Défense ukrainien déjà sur un siège éjectable
Le remplaçant de Mykhaïlo Fedorov a été désigné : Ievheni Khmara, un militaire en exercice, spécialiste des opérations spéciales, dont la nomination satisfait les combattants, mais qui, pour des raisons légales, pourrait ne pas rester longtemps en place..
Le 20 juillet 2026, l'Ukraine a annoncé un changement à la tête de son ministère de la Défense. Le général Ievheni Khmara a été nommé pour remplacer Mykhaïlo Fedorov, qui occupait ce poste depuis seulement six mois. Ce dernier a été limogé dans le cadre d'un remaniement gouvernemental mené par la Première ministre Ioulia Svyrydenko, qui a également dissous l'ensemble de son gouvernement. Cette décision a été prise alors que l'Ukraine est engagée dans un conflit armé depuis plusieurs années, ce qui rend la stabilité politique et militaire cruciale pour le pays et ses alliés occidentaux. Le limogeage de Fedorov a été officialisé par l'agence de presse Ukrinform, une source d'information majeure en Ukraine.
Selon plusieurs sources, dont le journal ukrainien NV, le limogeage de Mykhaïlo Fedorov serait lié à un conflit persistant avec Oleksandr Syrsky, le chef d'état-major des armées ukrainiennes. Fedorov aurait accusé Syrsky de créer des conditions favorables à la corruption au sein des forces armées. Ce type d'accusation est particulièrement sensible en temps de guerre, car la corruption peut affaiblir la capacité opérationnelle de l'armée et miner la confiance des partenaires internationaux. Le conflit entre les deux hommes a duré plusieurs mois avant de conduire à cette décision politique. Les partenaires occidentaux de l'Ukraine ont également exprimé des inquiétudes face à cette instabilité ministérielle.
La décision de limoger Fedorov a provoqué une vague de contestation en Ukraine. Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues des grandes villes du pays, comme Kiev, pour réclamer son maintien à son poste. Cette mobilisation reflète l'importance accordée à la figure de Fedorov, perçu par une partie de la population comme un ministre compétent et engagé dans la défense du pays. En parallèle, des blogueurs russes favorables à la guerre en Ukraine ont interprété cette démission comme une victoire de Moscou, espérant que cela affaiblirait les forces ukrainiennes sur le front. Ces réactions illustrent la polarisation politique autour de la gestion de la guerre et des institutions ukrainiennes.
Ievheni Khmara, le nouveau ministre de la Défense, est présenté par certaines sources comme un *militaire autoritaire*. Ce terme désigne généralement un officier qui exerce son autorité de manière stricte et parfois contestée, avec peu de place pour la discussion ou la remise en question. Son profil contraste avec celui de Fedorov, qui était davantage perçu comme un civil proche des réformes et de la transparence. La nomination de Khmara pourrait refléter une volonté du gouvernement ukrainien de renforcer le contrôle militaire sur la gestion de la défense, dans un contexte où la guerre exige des décisions rapides et une coordination efficace entre les institutions. Son arrivée à ce poste suscite des interrogations sur l'évolution de la stratégie militaire ukrainienne.

