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Géopolitique

Qui est Mykhaïlo Drapatiy, le nouveau commandant en chef des armées ukrainiennes ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 15 j

Volodymyr Zelensky a nommé hier, mardi 21, son 3e commandant en chef des armées depuis l’invasion russe à grande échelle de 2022. L’article Qui est Mykhaïlo Drapatiy, le nouveau commandant en chef des armées ukrainiennes ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Nouveau commandant ukrainien

Le 21 juillet 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a nommé Mykhaïlo Drapatiy comme nouveau commandant en chef des armées ukrainiennes. Cette décision intervient dans un contexte de crise politique majeure, marquée par le limogeage du ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, une semaine plus tôt. Drapatiy succède à Oleksandr Syrsky, lui-même nommé en 2024 après le départ de Valeri Zaloujny, qui occupait ce poste depuis le début de l’invasion russe en 2022. Cette nomination est la troisième en quatre ans, reflétant une instabilité persistante au sommet de la hiérarchie militaire ukrainienne. Drapatiy, âgé de 43 ans, incarne une nouvelle génération d’officiers formés en Ukraine, en rupture avec les méthodes héritées de l’armée soviétique, contrairement à ses prédécesseurs.

Crise politique et tensions

La nomination de Drapatiy fait suite à une crise politique déclenchée par le limogeage de Mykhaïlo Fedorov, ministre de la Défense, le 15 juillet 2026. Le lendemain, Fedorov avait demandé à Zelensky de remplacer Oleksandr Syrsky, une demande que ce dernier avait refusée. Bien que Syrsky nie l’existence de rivalités internes, des analystes et des sources ukrainiennes évoquent l’influence de l’ancienne garde militaire dans cette décision. Le limogeage de Fedorov, très impopulaire, a provoqué des manifestations massives dans tout le pays, dont l’une des principales revendications était le départ de Syrsky. Ces tensions illustrent les divisions au sein de l’armée et du gouvernement ukrainiens sur la gestion de la guerre.

Profil de Drapatiy

Mykhaïlo Drapatiy, 43 ans, est issu d’une nouvelle génération d’officiers ukrainiens formés après 2014, date du début du conflit avec la Russie. Il s’est distingué en 2014 en franchissant une barricade à Marioupol avec son véhicule de combat d’infanterie (BMP), un exploit médiatisé mondialement. Depuis 2022, il a joué un rôle clé dans la libération de la rive droite de Kherson, stoppant l’avancée russe vers Kryvyï Rih. En 2024, il a été envoyé dans la région de Kharkiv pour contrer une offensive russe, puis nommé commandant des forces terrestres en novembre 2024. En 2025, il a dirigé le Groupe des forces interarmées dans le secteur de Kharkiv. Sa nomination envoie un signal fort à la jeunesse ukrainienne, tant militaire que civile, en faveur d’une modernisation de l’armée et d’un rejet des méthodes soviétiques.

Méthodes et innovations

Drapatiy et Mykhaïlo Fedorov, l’ancien ministre de la Défense, partagent une vision commune : moderniser l’armée ukrainienne en intégrant davantage de drones et de systèmes sans pilote. Cette approche contraste avec les tactiques traditionnelles héritées de l’Union soviétique, encore utilisées par certains officiers comme Oleksandr Syrsky, formé à l’École supérieure de commandement interarmes de Moscou. En 2025, après une frappe russe ayant causé 12 morts lors d’un entraînement, Drapatiy avait proposé sa démission, déclarant : « Une armée dans laquelle les commandants sont personnellement responsables de la vie des hommes est une armée vivante. » Cette position a renforcé sa réputation de leader responsable et proche de ses troupes.

Ce que ça pourrait changer

Drapatiy devra relever trois défis majeurs dans les mois à venir. Le premier est de gagner le soutien des officiers fidèles à Syrsky, qui pourraient voir en lui une menace pour leurs positions. Le deuxième consiste à réformer le système de mobilisation ukrainien, jugé inefficace : les unités de première ligne sont épuisées et sous-équipées, avec un âge moyen des soldats dépassant 40 ans. Mick Ryan, analyste, souligne l’urgence d’une approche plus durable pour le recrutement, d’autant que la Russie pourrait annoncer une nouvelle mobilisation après les élections de septembre 2026. Enfin, Drapatiy devra maintenir la pression sur les forces russes, dont la progression ralentit, tout en modernisant l’armée pour exploiter les faiblesses de l’adversaire.

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