Manger en 2050 : le nouveau rapport du Shift sur l’alimentation
Le Shift Project, un groupe de réflexion indépendant, a publié en octobre 2026 un rapport intermédiaire intitulé *Manger en 2050 : vers un système alimentaire robuste, bas carbone et souverain*. Ce document explore comment transformer le système agroalimentaire français pour le rendre moins dépendant des énergies fossiles, plus résistant aux crises et plus autonome. Le rapport s’appuie sur trois axes principaux : la production agricole, l’industrie de transformation des aliments et les habitudes de consommation. Il s’inscrit dans le cadre du *Plan Robuste pour l’Économie Française*, un projet collectif visant à préparer la France aux défis climatiques et énergétiques d’ici 2050. L’objectif est de garantir la souveraineté alimentaire du pays, c’est-à-dire sa capacité à produire suffisamment de nourriture sans dépendre des importations, tout en réduisant son impact environnemental.
Le Shift Project, un groupe de réflexion indépendant, a publié en octobre 2026 un rapport intermédiaire intitulé Manger en 2050 : vers un système alimentaire robuste, bas carbone et souverain. Ce document explore comment transformer le système agroalimentaire français pour le rendre moins dépendant des énergies fossiles, plus résistant aux crises et plus autonome. Le rapport s’appuie sur trois axes principaux : la production agricole, l’industrie de transformation des aliments et les habitudes de consommation. Il s’inscrit dans le cadre du Plan Robuste pour l’Économie Française, un projet collectif visant à préparer la France aux défis climatiques et énergétiques d’ici 2050. L’objectif est de garantir la souveraineté alimentaire du pays, c’est-à-dire sa capacité à produire suffisamment de nourriture sans dépendre des importations, tout en réduisant son impact environnemental.
Le système alimentaire français actuel repose fortement sur les énergies fossiles, comme le pétrole ou le gaz naturel. Selon le rapport, l’alimentation représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre des ménages français et consomme près de 20 % de l’énergie fossile utilisée dans le pays. Ce secteur est vulnérable à plusieurs crises : dérèglement climatique, dépendance aux importations d’engrais ou de soja, érosion des sols, pression sur les ressources en eau, et inégalités d’accès à une alimentation saine. Ces fragilités menacent la continuité de l’approvisionnement alimentaire et la qualité nutritionnelle des repas. Par exemple, la France importe une partie de ses fruits et légumes, ce qui la rend dépendante des aléas géopolitiques ou des perturbations logistiques.
Le rapport du Shift Project souligne que les efforts actuels pour réduire l’empreinte carbone de l’alimentation sont insuffisants. Même en 2050, le scénario tendanciel (qui prolonge les tendances actuelles) ne permettrait pas d’atteindre les objectifs de décarbonation ni de souveraineté alimentaire. Pour y remédier, le rapport propose des scénarios alternatifs, comme le scénario agricole de conciliation, qui vise à concilier production bas carbone, résilience des sols et rentabilité économique. Ces scénarios explorent aussi des transformations dans l’industrie agroalimentaire et les habitudes de consommation, par exemple en favorisant une alimentation basée sur des produits bruts plutôt que sur des aliments ultra-transformés. Cependant, ces pistes ne suffisent pas encore à garantir une souveraineté alimentaire totale ni une amélioration systématique de la santé publique.
Le rapport reconnaît que ses analyses comportent des limites. D’abord, il se concentre sur les flux physiques (quantités de nourriture, énergie utilisée, etc.) sans intégrer les aspects économiques comme les prix, les marges ou le pouvoir d’achat des ménages. Ensuite, les résultats sont des moyennes nationales, masquant les disparités entre territoires, groupes sociaux ou saisons. Par exemple, les besoins nutritionnels varient selon l’âge, le sexe ou l’activité physique, mais le rapport ne les détaille pas. Enfin, les projections de consommation reposent sur des tendances passées, sans anticiper des changements sociétaux majeurs, comme une hausse soudaine de la demande en protéines végétales. Ces limites soulignent la nécessité d’affiner les scénarios dans les prochaines étapes.
Pour aller plus loin, le Shift Project prévoit quatre axes de travail jusqu’à la publication du rapport final. Le premier consiste à affiner les scénarios en intégrant des données plus précises, comme les spécificités régionales ou les variations saisonnières. Le deuxième vise à évaluer le coût économique de ces scénarios, par exemple en comparant les investissements nécessaires pour décarboner l’agriculture ou moderniser l’industrie alimentaire. Le troisième axe consiste à tester la résistance des scénarios face à des chocs imprévus, comme une pénurie d’énergie ou une crise climatique majeure. Enfin, le quatrième axe vise à identifier des leviers concrets pour agir, comme des politiques publiques ou des innovations technologiques. Ces travaux s’appuieront sur des retours d’experts et d’acteurs du secteur, afin de rendre les propositions réalistes et applicables.
Le Shift Project invite les professionnels du secteur alimentaire, les chercheurs et le grand public à contribuer à ce projet. Les retours permettront d’enrichir les scénarios, de combler les angles morts et de tester la faisabilité des propositions. Pour participer, il est possible de commenter un document collaboratif en ligne ou d’envoyer un message à l’équipe via l’adresse clemence.vorreux@theshiftproject.org. Cette collaboration est essentielle pour construire des trajectoires réalistes, qui tiennent compte des contraintes climatiques, énergétiques et économiques. L’objectif est de préparer la France à un avenir où l’alimentation sera à la fois durable, accessible et résiliente face aux crises.
Le rapport *Manger en 2050* est porté par une équipe du Shift Project, composée notamment de Clémence Vorreux (coordinatrice du programme Agriculture & Alimentation), Capucine Laurent (cheffe de projet), Corentin Biardeau-Noyers et Laure Le Quéré (ingénieures expertes). Ce projet bénéficie du soutien financier de nombreux partenaires, comme des coopératives agricoles (Fraternelle Agricole, Sodiaal), des entreprises agroalimentaires (Nestlé, Fromageries Terres d’Or), des fondations (Fondation Léa Nature, Seedling Foundation) et des acteurs publics (Banque des Territoires, GS1 France). Il s’appuie aussi sur des collaborations intellectuelles avec des think tanks comme Carbone 4, Kea & Partners ou Tenzing. Ces partenariats reflètent l’ampleur collective du projet, qui vise à mobiliser l’ensemble de la société pour repenser l’alimentation de demain.

