Crise politique en RDC : "l'histoire se répète"
Une partie de l'opposition congolaise a appelé à une journée de mobilisation mardi, pour protester contre un projet de modification de la Constitution, qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. En parallèle, le gouvernement lance un dialogue national..
Le 15 septembre 2026, une partie de l'opposition congolaise a organisé une journée de mobilisation nationale pour protester contre un projet de modification de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC). Cette réforme, portée par le gouvernement du président Félix Tshisekedi, pourrait permettre à ce dernier de briguer un troisième mandat, alors que la Constitution actuelle limite les mandats présidentiels à deux. L'opposition, regroupée notamment au sein de la plateforme C64, accuse le président de manœuvres visant à se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, date prévue de la fin de son second mandat. Les manifestations ont été violemment réprimées par la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes, faisant un mort et plus d'une centaine d'arrestations selon l'opposition.
Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans, est au pouvoir depuis 2018 et achèvera son second mandat en 2028. Officiellement, les partisans de la réforme constitutionnelle justifient ce changement par la volonté d'améliorer l'efficacité des politiques publiques. Cependant, le président a plusieurs fois exprimé son ouverture à l'idée d'un troisième mandat, voire à un nouveau décompte des mandats, ce qui est vivement contesté. En RDC, la question des mandats présidentiels est particulièrement sensible, car elle touche à la fois à la démocratie et à la stabilité du pays. Historiquement, la population s'est déjà mobilisée contre des tentatives similaires de modification constitutionnelle pour préserver le respect de la loi fondamentale.
En parallèle des tensions, le gouvernement congolais a lancé un dialogue national sur trois mois, présenté comme une tentative de réconcilier un pays marqué par des crises répétées. Ce dialogue, dont la première étape a été formalisée par une ordonnance présidentielle, vise à rassembler différentes forces politiques et sociales. Cependant, une partie de l'opposition refuse d'y participer, exigeant notamment l'inclusion de représentants du M23, un groupe armé actif dans l'est du pays, accusé d'avoir des liens avec le Rwanda. Le gouvernement congolais, quant à lui, considère que la crise principale vient des tensions avec le Rwanda, qui occupe des territoires à l'est de la RDC, et non d'un problème interne.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette crise. Félix Tshisekedi est le président en exercice, dont les intentions concernant un éventuel troisième mandat divisent la classe politique et la société civile. La plateforme *C64* représente une partie de l'opposition, mobilisée contre la réforme constitutionnelle et la répression des manifestations. Le *M23* est un groupe armé dont l'influence s'étend dans l'est de la RDC, avec des accusations de soutien extérieur, notamment de la part du Rwanda. Enfin, des institutions comme les Églises catholiques et protestantes congolaises, ainsi que des chercheurs comme Fred Bauma (directeur de l'Institut Ebuteli), soulignent l'absence de légitimité du gouvernement et la nécessité d'un vrai dialogue pour éviter une escalade des tensions.

