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Géopolitique

Élections en Zambie : une “success-story” économique face au verdict des urnes

Courrier International · mis à jour il y a 18 j

Le 13 août, la Zambie élira un nouveau président pour un mandat de cinq ans. Hakainde Hichilema, le président sortant et candidat à sa réélection, sera confronté à une vague de critiques liées à l’augmentation du coût de la vie.

Contexte électoral

Le 13 août 2026, la Zambie organise une élection présidentielle pour élire son président pour un mandat de cinq ans. Le président sortant, Hakainde Hichilema, candidat à sa réélection sous l’étiquette du Parti uni pour le développement national (UPND), affronte principalement Brian Mundubile, ancien allié du défunt président Edgar Lungu. Hichilema est le favori en raison de son bilan économique, mais son adversaire mise sur les préoccupations sociales comme l’inflation et le chômage des jeunes. Les rues de la capitale, Lusaka, sont couvertes d’affiches en sa faveur, tandis que son rival reste peu visible. Des observateurs internationaux, dont une centaine déployée par l’Union européenne, surveillent le scrutin pour garantir sa transparence.

Crise économique initiale

En 2021, lorsque Hakainde Hichilema arrive au pouvoir, la Zambie est le premier pays africain à faire défaut sur sa dette publique pendant la pandémie de Covid-19. Ce défaut signifie que le pays ne peut plus rembourser ses créanciers internationaux, ce qui bloque l’accès à de nouveaux financements. La dette zambienne était alors estimée à plusieurs milliards de dollars. Cette situation aggrave les difficultés économiques du pays, déjà fragilisé par une dépendance aux exportations de matières premières comme le cuivre.

Redressement économique

Sous la présidence de Hichilema, la Zambie connaît un redressement économique remarquable. Le pays devient le deuxième exportateur de cuivre d’Afrique, derrière la République démocratique du Congo (RDC). En 2024, la mine de cuivre de Lumwana génère 887 millions de dollars de retombées économiques en Zambie, incluant des redevances, des impôts, des salaires et des achats locaux. Les prix du cuivre atteignent des sommets historiques, stimulant les revenus du pays. Grâce à ces revenus, la Zambie restructure sa dette et augmente ses dépenses sociales. L’inflation est maîtrisée, les investissements dans les infrastructures progressent, et le pays attire des investissements massifs, notamment dans le secteur minier.

Défis sociaux persistants

Malgré ce redressement économique, la population zambienne fait face à des défis majeurs. Le coût de la vie augmente fortement, et le taux de pauvreté reste parmi les plus élevés du continent. En 2024, la Zambie subit la pire sécheresse depuis des décennies, détruisant les récoltes et paralysant la production hydroélectrique. La monnaie locale s’effondre, et de nombreuses entreprises privées sont privées d’électricité pendant des jours. Ces crises ont des répercussions sociales graves, alimentant un mécontentement croissant envers le gouvernement. En 2026, la situation s’améliore partiellement grâce à des récoltes de maïs record, mais les effets des crises précédentes persistent.

Programme de l'opposition

Brian Mundubile, candidat de l’opposition au Parti de la réconciliation nationale pour l’unité et la prospérité (NRPUP), axe sa campagne sur les problèmes sociaux. Son programme promet la création d’emplois, la réduction du coût de la vie, le rétablissement de la confiance dans les institutions de l’État et des retombées économiques directes pour les citoyens. Il cible particulièrement les jeunes, dont le chômage est un enjeu majeur. Son approche contraste avec celle du gouvernement, qui met en avant les succès économiques. Cependant, Mundubile reste fragilisé par des divisions internes au sein de son parti et des alliances politiques instables.

Tensions politiques

Le climat politique en Zambie est tendu avant les élections. Des organisations de défense des droits humains critiquent des restrictions aux libertés politiques, de réunion et d’expression. Hakainde Hichilema est accusé d’utiliser la violence et la répression pour se maintenir au pouvoir. Ces tensions ont conduit l’Union européenne à déployer des observateurs pour garantir la transparence du scrutin. Malgré ces critiques, la Zambie reste l’un des pays africains les plus respectueux des transitions de pouvoir entre partis politiques, un symbole fort pour la démocratie sur le continent.

Ce que ça pourrait changer

Les médias zambiens, comme le *Times of Zambia*, estiment que les électeurs ont choisi le développement économique plutôt que le chaos, en votant pour le parti au pouvoir. Cependant, le *Lusaka Times* souligne que l’avantage de Hichilema repose davantage sur la solidité organisationnelle de son parti et les divisions de l’opposition que sur un enthousiasme populaire général. Les observateurs s’attendent à une élection serrée, où le mécontentement social pourrait jouer un rôle clé. Quelle que soit l’issue, cette élection teste la résilience de la démocratie zambienne et la capacité du pays à concilier croissance économique et justice sociale.

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